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60 millions de consommateurs

Liquidation de l'INC : la course contre-la-montre de « 60 millions de consommateurs » pour trouver un repreneur

31 mars 2026 | Mise à jour le 31 mars 2026
Par et | Photo(s) : AFP
Liquidation de l'INC : la course contre-la-montre de « 60 millions de consommateurs » pour trouver un repreneur

Alors que les arnaques à la consommation se multiplient, l'Institut National de la Consommation et son magazine historique sont menacés de disparition. Paris. 2026

Le gouvernement a dissout l'Institut national de la consommation lundi 30 mars 2026, entraînant la liquidation de son mensuel « 60 millions de consommateurs » et la recherche d’un potentiel repreneur.

Présence de pesticides dans les protections hygiéniques, frais bancaires abusifs et illégaux en cas de découverts réguliers, ou encore , tous ces scandales ont été révélés par l’Institut national de la consommation au travers de son mensuel « 60 millions de consommateurs ».

Mais le journal n'est plus depuis le 31 mars 2026, puisque le gouvernement a officialisé sa liquidation dans le cadre plus global de la loi de finances 2026. Le décret publié au Journal officiel, le 28 mars 2026, acte la dissolution de l’Institut national de la consommation et précise les modalités de liquidation du mensuel. Même si l'activité est maintenue le temps de la procédure, il ne reste que trois mois pour que l'entreprise de presse soit reprise. Même si ce délai peut être prolongé, le décret ne mentionne pas ce qu'il adviendra de la soixantaine de salariés employés par le mensuel.

Une paupérisation organisée de l'Institut

Interrogé par l’AFP, le ministère du Commerce a de son côté rappelé que le décret « acte la fermeture de l’INC », tout en insistant sur « l’extrême attention » portée au processus de reprise du journal 60 millions de consommateurs dont il « connaît la valeur ».

Interrogée dans les colonnes du journal L'Humanité, Léa Balage El Mariky, députée du groupe Écologiste et Social, a dénoncé une paupérisation de l'Institut que l'État aurait organisée en « lui retirant des subventions sans prévoir aucun plan pour lui assurer de nouveaux revenus » et en laissant « les journalistes de 60 Millions de consommateurs sans aucun outil et moyens nouveaux pour lutter contre la reprise gratuite de contenus par les moteurs d’intelligence artificielle ».

Avec huit autres associations de consommateurs, Indécosa-CGT, association à laquelle sont rattachés gratuitement tous les adhérents de la CGT, a exprimé dans un communiqué commun « colère et indignation ». Loïc Daguzan, son président, dénonce lui aussi une politique de sous-financement alors que « l'INC bénéficiait d'un budget inférieur à deux millions d'euros, notoirement insuffisant pour informer les consommateur·ices (c'est-à-dire la totalité de la population française) ».

Une reprise sous forme de coopérative

Alors que l'article 71 du projet de loi finances pour 2026 prévoit la fin de la gestion publique du magazine, qui devrait être cédé à un acteur privé, le syndicaliste SNME CFDT Lionel Maugain, journaliste au sein de la rédaction, s'est alarmé dimanche 29 mars de l'absence de critères pour la reprise du titre : « Il faut garantir l'indépendance du titre aux niveaux juridique et de la ligne éditoriale, pour ne pas devenir un organe d'opinion ». Pour garantir le maintien de l'indépendance du mensuel, lors de la séance de questions orales du 24 février 2026 à l’Assemblée nationale, Léa Balage El Mariky a suggéré au ministre Serge Papin de permettre « la reprise du titre par les salariés en coopérative. Il serait ainsi sauvé de l'appétit vorace des lobbys qui vont se ruer sur lui pour défendre leurs intérêts, au détriment de l'intérêt général et du droit de la consommation ». Et le ministre a ouvert la porte : « Je veux bien regarder cela ».