7 avril 2026 | Mise à jour le 7 avril 2026
En dépit de la décision de justice qui le 25 mars dernier, a préféré céder l'ancienne usine chimique à un ferrailleur, les porteurs du projet Exalia demeurent confiants et s'apprêtent à un nouveau « meccano », avec le soutien de Bercy.
C'était un peu la réunion de la dernière chance pour les anciens salariés de Vencorex. Vendredi 3 avril 2026, les différentes parties prenantes (CGT, patrons d'industrie, collectivités) du projet Exalia sortaient ragaillardies d'un rendez-vous à Bercy. Pour rappel, le projet consiste à reprendre une partie de la plateforme industrielle située en Isère pour produire de l'acide chlorhydrique, de la soude et du chlore liquide de façon décarbonée. Avec à la clef, selon ses soutiens, la création de 250 emplois dans les deux ans, un millier dans un horizon de cinq ans. Or, le tribunal des affaires économiques de Lyon a rejeté le projet de reprise le 25 mars dernier, préférant céder ce qu'il restait de l'usine à un ferrailleur drômois. Une symbolique qui illustre la violence sociale de la casse industrielle. Pour autant, Exalia demeure d'actualité.
Racheter l'usine au ferrailleur
« On a trouvé des solutions concrètes qui vont permettre à ce projet stratégique d'avancer, de créer de l'emploi, de relancer la filière chimique et de fournir à l'industrie des produits fondamentaux », résume laconiquement Olivier Six, PDG de CIC Orio et un des porteurs du projet de reprise, qui rappelle qu'aujourd'hui, « la soude vient en grande partie du Golfe persique ».
Concrètement, il s'agit de racheter à l'acquéreur (le ferrailleur) une partie des infrastructures et au liquidateur une partie du foncier nécessaire. Un nouveau « meccano », selon l’image utilisée à Bercy devant la presse, qui va s'élaborer ces prochaines semaines. « Tous les acteurs sont réunis autour de la table pour que le projet réussisse, tant du côté des syndicats patronaux que des syndicats de salariés, des collectivités, de l'État à travers la BPI, la Caisse des dépôts et Consignations, l'Ademe. Nous avons pu définir le cadre juridique qui va permettre d'avancer dans les prochaines semaines », veut croire Séverine Dejoux, déléguée syndicale CGT chez Vencorex et pilier du projet. « Le ministre de l'industrie Sébastien Martin a réaffirmé que le projet était solide. S'il ne se concrétise pas, les industriels préviennent que ce sont des centaines et des centaines d'emplois susceptibles d'être supprimés sur la chaine de valeur », enchaîne Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT.
Décisions de justice à l'encontre de l'emploi
Rendez-vous avait été pris entre le ministre de l'Industrie et la CGT, lors des Assises du Made in France que le syndicat avait organisé jeudi 26 mars dernier à Pont-de-Claix, dans l’Isère, précisément là où l'usine chimique employait 450 salariés avant sa descente aux enfers entamée en septembre 2024, date de son redressement judiciaire. La décision du tribunal des affaires économiques de Lyon en mars dernier avait été un énième coup de massue pour les Ex-Vencorex. En avril 2025, la même justice commerciale avait rejeté la proposition de reprise des activités sous forme de coopérative d'intérêt collectif porté par les salariés, préférant alors céder une petite partie des activités à un concurrent chinois Wanhua, qui a repis 54 salariés sur les 450. La CGT demande l'ouverture d'une commission d'enquête parlementaire sur ce qu'elle considère comme le scandale Vencorex. À ce jour, la CGT recense 546 plans de suppressions d'emplois de septembre 2023 à mars 2026, soit 126 233 emplois menacés ou supprimés.