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VICTOIRE

« Le combat se poursuit au tribunal » : à Paris, la victoire pour les coiffeuses grévistes du boulevard de Strasbourg !

19 mai 2026 | Mise à jour le 19 mai 2026
Par | Photo(s) : Emil Dromery
« Le combat se poursuit au tribunal » : à Paris, la victoire pour les coiffeuses grévistes du boulevard de Strasbourg !

Les coiffeuses du 65 Boulevard de Strasbourg ont obtenu des titres de séjour après deux mois de grève.

Après 78 jours de grève et d'occupation de leur salon, les coiffeuses du boulevard de Strasbourg à Paris obtiennent une victoire significative : la Préfecture leur a délivré des titres de séjour en tant que potentielles victimes de traite d'êtres humains tandis que l’entreprise était liquidée par le tribunal de commerce. Si les travailleuses ont levé leur mouvement, soutenu par la CGT, elles entendent désormais poursuivre leur combat en justice pour faire reconnaître les violences subies et récupérer les sommes qui leur sont dues.

« Ça va comme un jour de victoire ! » se réjouit Adèle Tellez, secrétaire générale de la CGT Paris. Après 78 jours de grève, les coiffeuses du 65 boulevard de Strasbourg, à Paris, ont annoncé le 19 mai la fin de l'occupation de leur salon. Le tribunal de commerce a mis en liquidation l'entreprise, et surtout la Préfecture de police leur a délivré des titres de séjour en tant que potentielles victimes de traite d'êtres humains. Les titres sont valables un an et renouvelables tout au long de l'instruction. Si les salariées sont bien reconnues victimes de traite d'êtres humains, elles auront des cartes de résident d'une durée de dix ans. L’esquisse d’un premier succès pour un double combat. Car si les coiffeuses étaient en grève depuis le 3 mars, c’était aussi pour protester contre un patron qui ne leur versait plus leur salaire depuis octobre 2025 et leur extorquait de l'argent sur fond de chantage. Une bataille qu’il reste à remporter et ce, dans les prétoires.

« Le combat, maintenant, se poursuit au tribunal » explique Adèle Tellez, « Pénal pour faire reconnaître la traite, prud'hommes pour les salaires impayés. Elles vont pouvoir récupérer de l'argent grâce à l'AGS (Association pour la gestion du régime de garantie des créances des salariés, ndlr) pour le reste il va falloir se battre. » Outre l'argent extorqué, certaines étaient payées en dessous des minimums conventionnels, les heures supplémentaires n'étaient pas comptées et elles ne bénéficiaient pas non plus de congés payés, ni de congés maternité. « Il va falloir démêler tout ça, mais l'employeur leur doit beaucoup d'argent. »

Deux mois de lutte

Désormais officiellement licenciées, les salariées vont pouvoir chercher du travail ailleurs, avec la sécurité que leur offre le titre de séjour. « Le premier élément qui protège, qui chasse cette vulnérabilité, c’est d’avoir le titre de séjour. Nous, on va continuer à se voir très régulièrement pendant toutes les procédures pour les accompagner. On les a fait rencontrer des élus qui vont aussi peut-être les aider à trouver des places dans des formations professionnelles. »

La syndicaliste et les salariées évoquent l'émotion de se séparer après avoir « vécu » deux mois ensemble lors de cette occupation, et bénéficié du soutien d'une communauté de riverains, d'associations et de syndicalistes. « C'est ce qui nous a permis de gagner » estime Adèle Tellez, « La victoire a mis en lumière cette situation dans le Xe arrondissement de Paris, on veut pouvoir échanger avec la mairie et la préfecture pour que les autres travailleurs de ce boulevard aient le titre de séjour et qu’ils ne soient plus dans cette situation de vulnérabilité. »