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« Une année de prédateurs » : Amnesty International alerte sur la situation désastreuse des droits humains en 2025

21 avril 2026 | Mise à jour le 21 avril 2026
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Dans son dernier rapport sur la situation des droits humains dans le monde, l’ONG dénonce la lâcheté coupable des gouvernements européens face à la prédation vorace de Trump, Poutine ou Netanyahou. Alors que ces autocrates veulent imposer un nouvel ordre tournant le dos à la justice, Amnesty International dénonce un moment de bascule.

« Le bien commun de l'humanité a été la proie tout au long de l'année 2025 de prédateurs voraces, de chasseurs brutaux avides de trophées usurpés. Des dirigeant·e·s politiques comme Donald Trump, Vladimir Poutine ou Benyamin Netanyahou, pour ne citer qu'eux, ont poursuivi une stratégie de conquête dictée par leur soif de domination économique, multipliant les destructions, les actes de répression et les violences de grande ampleur. » Ainsi commence la préface du rapport d'Amnesty international, publié ce 21 avril, sur la situation des droits humains dans le monde en 2025.

Crimes de guerre, génocides, droits des femmes et des personnes en migration piétinés, droit de manifester bafoué, répressions violentes des opposants, usage illégal des forces de l'ordre… Sur près de 500 pages, l'ONG dresse un bilan global et par pays alarmant, et s'inquiète d'un nouvel ordre en gestation qui s'exonère totalement des règles de droit international.

Des attaques en toute illégalité

À peine investi, Donald Trump a coupé l'aide internationale au développement, menaçant bon nombre de programmes de santé. Le milliardaire, qui a toujours méprisé l'ONU, a aussi créé son propre conseil de paix, à sa botte. Sans compter que depuis la fin de la période étudiée par le rapport, 2025 donc, les États-Unis ont encore attaqué en toute illégalité le Venezuela, l’Iran et menacent toujours le Groenland. Les États-Unis ont en outre « prononcé des sanctions contre des procureurs et des juges de la Cour pénale internationale (CPI) et contre la rapporteuse spéciale des Nations unies sur les territoires palestiniens occupés et plusieurs organisations palestiniennes de défense des droits humains, dans l'intention d'entraver le travail de la CPI et de soustraire les citoyens israéliens et états-uniens à l'obligation de rendre des comptes », rappelle l'ONG.

S'agissant d'Israël, Amnesty International évoque une fois encore « un génocide et de multiples crimes de guerre et crimes contre l'humanité contre la population palestinienne à Gaza ; le génocide s'est poursuivi après le cessez-le-feu conclu avec le Hamas le 9 octobre 2025. Le système d'apartheid imposé par Israël à l'ensemble du peuple palestinien a aussi fait de nombreuses victimes, en particulier en Cisjordanie occupée, y compris Jérusalem-Est ».

Quant à la Russie, le pays dirigé par Vladimir Poutine a commis « des crimes contre l'humanité et des crimes de guerre, notamment en procédant de manière généralisée à des disparitions forcées, des actes de torture et des attaques de drones visant des civils ukrainiens. Il a également intensifié ses attaques aériennes contre des infrastructures civiles cruciales en Ukraine ».

« Ils jouent la carte de la capitulation »

Face à ces prédateurs qui font régner la loi du plus fort au fur et à mesure que se raréfient les ressources naturelles, l'ONG dénonce la lâcheté coupable des gouvernements en place. « La crainte de contredire les puissants, par peur des représailles, est palpable partout dans le monde. » « Plutôt que de tenir tête aux prédateurs, la plupart des gouvernements en place, notamment en Europe, ont choisi en 2025 de jouer la carte de la capitulation. […] C'est ainsi que 2025 restera dans l'histoire comme une année de prédateurs imposant leurs choix par la force, une année de concessions face à la trahison éhontée des obligations internationales. »

La bonne nouvelle, car il y en a une, c'est que partout, les peuples se soulèvent pour continuer d'œuvrer à un monde plus juste. L'ONG se félicite par exemple des actions menées par des dockers en Espagne, en France, en Grèce, en Italie, au Maroc et en Suède pour perturber l'acheminement d'armes vers Israël. L'ONG souligne aussi les progrès accomplis en 2025 pour l'adoption d'une convention contraignante de l'ONU relative à la fiscalité. Enfin, lors de la COP30, les pressions de la société civile et des syndicats ont permis l'adoption d'un mécanisme pour une transition juste, destiné à protéger les travailleurs et les populations des conséquences du passage à des énergies propres et à un monde résilient face au changement climatique.