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Aide d'urgence

Réduction des places d'hébergement, manque de moyens… À Paris, les salariés du Samu social en grève illimitée

23 juin 2026 | Mise à jour le 23 juin 2026
Par | Photo(s) : François Guillot / AFP
Réduction des places d'hébergement, manque de moyens… À Paris, les salariés du Samu social en grève illimitée

« La problématique se cristallise autour des écoutants du 115, mais l’alerte concerne tout le secteur », précise Jordan Bernard, délégué syndical CGT au sein de la structure.

Les salariés du Samu social parisien sont en grève depuis ce mardi 23 juin et annoncent déjà reconduire le mouvement pour la journée du lendemain. Ils protestent contre les nouvelles règles d’accueil des personnes à la rue, qui limitent considérablement les places d’hébergement, et dénoncent des conditions de travail dégradées, notamment dues à un manque d’effectifs et de moyens.

« Avant, une femme enceinte de six mois était prioritaire pour accéder à un hébergement d'urgence. Maintenant, c’est sept », souffle un salarié du Samu social. Annoncées au début du mois de juin, les nouvelles règles d’accueil des personnes à la rue ont suscité la colère des écoutants du service d’aide d’urgence parisien. Ces derniers ont donc décidé de lancer un mouvement de grève, inédit au sein du 115, qui a débuté ce mardi 23 juin et sera reconduit pour la journée de demain. « Chaque hiver, nos services hébergent plus de personnes, explique Jordan Bernard, délégué syndical CGT au sein de la structure. Au début du mois, l'État a averti le Samu qu'il ne compenserait pas ses surcoûts. La direction nous a ensuite informés qu'on allait devoir diminuer le nombre de personnes qu’on héberge dans des hôtels et annoncer à certains usagers qu’ils devaient quitter ces logements. »

Une mobilisation qui dure…

Plusieurs centaines d'usagers seraient concernés, en grande partie des familles ou des femmes enceintes. « Les annonces de la direction ont vraiment choqué les écoutants, développe le représentant du personnel. C'est un durcissement drastique des règles d’accueil. Il y a eu beaucoup d'arrêts dans les services les jours suivants. Ils demandent aux écoutants d'appeler eux-mêmes les familles pour leur dire qu'elles doivent quitter leur logement et qu'elles auront peut-être droit à un relogement dans des centres d’accueil en province… »

La journée de grève du mardi 23 juin s’inscrit par ailleurs dans une mobilisation des travailleurs du Samu social et du médico-social qui dure depuis plusieurs mois déjà. À la fin de l’année 2025, ils avaient déjà protesté en nombre contre le manque de moyens dans les structures franciliennes. « La problématique se cristallise autour des écoutants du 115, mais l'alerte concerne tout le secteur. Leur situation n'est que la version très dégradée de ce qui se passe dans d'autres services », rapporte Jordan Bernard.

Planning changés à la dernière minute, manques d'effectifs et de moyens… l'enjeu est aussi celui des conditions de travail. « Ce métier est largement féminisé, avec des salaires très bas, qui tendent vers le Smic, y compris pour des salariés titulaires d’un Bac+3, des infirmières ou des travailleurs sociaux qualifiés, reprend Jordan Bernard. Certains collègues vivent dans des centres d’hébergement. Si on veut apporter une aide qualitative aux personnes à la rue, il faut traiter correctement les salariés. » Une mobilisation à l’échelle de l’Île-de-France, portée par différents syndicats et organisations du secteur, est déjà prévue pour le mardi 30 juin.