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CHÔMAGE

Chômage : les finances de l'Unédic dégradées par les prélèvements de l'État

17 juin 2026 | Mise à jour le 17 juin 2026
Par | Photo(s) : Enzo Hanart
Chômage : les finances de l'Unédic dégradées par les prélèvements de l'État

De gauche à droite, Jean-Eudes Tesson, vice président de l'Unédic; Patricia Ferrand, présidente ; Christophe Valentie, directeur général, Le 17 juin dans les locaux de l'Unédic à Paris.

L'Unédic a révélé le 17 juin ses prévisions financières de 2026 à 2028, et s'attend à des comptes plombés par les prélèvements de l'État dans les caisses du régime.

« Les décisions de l’État pèsent lourdement sur la trajectoire financière du régime de l’assurance chômage ces dernières années » et sur « sa trajectoire de désendettement » affirme Patricia Ferrand, la présidente de l'Unédic, qui a révélé ce mercredi 17 juin ses prévisions financières pour les trois prochaines années lors d’une conférence de presse. Avec un prélèvement de l'État à venir de 4,1 milliards d'euros, le déficit du régime devrait s'élever à 2,3 milliards à fin 2026. Un bilan qui contraindra l'association à creuser sa dette, portant celle-ci à 61,5 milliards d'euros, alors que les taux d'intérêts sont en hausse. Patricia Ferrand évoque une « alerte » et appelle l'État à renoncer à tout autre prélèvement, ce qui permettrait au régime de retrouver un solde positif dès 2027. « Sans les prélèvements de l'État, la dette aurait été de 43,4 milliards fin 2028 » affirme l'Unédic, qui considère son modèle structurellement sain et solide.

Outre ces prélèvements, la situation économique du pays est également défavorable à l'Unédic, financée par les cotisations patronales : l'emploi salarié serait en recul en 2026, avec 55 000 destructions de postes.

Réformes sans effet

En février, un accord sur les ruptures conventionnelles a été signé par les organisations patronales et une partie des syndicats, rejeté et critiqué par la CGT. Il prévoit notamment de réduire la durée d'indemnisation après la signature d'une rupture conventionnelle. Mais ce nouveau coup de rabot imposé aux allocataires n'aura pas d'effet à court terme sur le déficit du régime, selon Christophe Valentie, directeur général de l'Unédic : « Il faut bien avoir en tête que [cet accord] n'aura des effets, et encore mineur, qu'en 2028. Aucune réforme sur l'Assurance chômage ne règlera aucun problème l'année prochaine. »

Or, le budget 2027 reste la priorité immédiate pour l'Unédic, d'autant plus que le contexte politique à venir teinte l'avenir d'incertitude. « De façon générale, on s'attend à tout de la part de l'État » conclut Jean-Eudes Tesson, vice-président de l'association, « notamment après une élection présidentielle. »