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Intervention de l'ICE à Minneapolis le 1er mars 2026.
« La peur est un sentiment légitime, mais ne rien faire est pire encore. Si vous voulez éviter que la France connaisse une situation d'extrême violence comme les États-Unis, il vous faut mettre de côté vos dissensions et vous y prendre dès maintenant pour faire front contre le fascisme », a alerté Janette Zahia Corcelius, membre du Syndicat américain des employés de bureau (OPEIU), lors d’une rencontre organisée, ce lundi 27 avril, au Centre international de la culture populaire, à Paris, à l’initiative de plusieurs associations, dont Attac ou les Amis de la Terre.
Accompagnée du rappeur Rafael Gonzalez et de la poète afro-américaine Sagirah Shahid, la syndicaliste a entrepris une tournée passant par Paris, donc, mais aussi par la Suisse et les Pays-Bas, pour témoigner, auprès du public européen, de la violence de la répression anti-immigration menée par Donald Trump et des actions de résistance qui ont fait reculer sa milice fédérale, l'ICE, à Minneapolis.
Fin 2025, Donald Trump a lancé l'opération « Metro Surge » dans les villes jumelles de Minneapolis et de Saint Paul. Des agents de la police anti-immigration cagoulés ont alors raflé les habitants de la ville, jusqu'à leur domicile mais aussi dans les écoles et les hôpitaux, des lieux auparavant sanctuarisés. « Près de 3000 agents de l'ICE ont envahi la ville en suivant des schémas coloniaux. Ils s'en sont pris aux Latinos, aux Noirs, à la communauté somalienne, que des influenceurs d'extrême droite accusent de fraude », raconte Rafael Gonzalez.
Les arrestations arbitraires se sont multipliées dans des conditions qualifiées d'inhumaines. « Je suis restée sept heures dans le bâtiment de Fort Snelling [le centre de détention de l’ICE, NDLR], simplement parce que je regardais une arrestation », rapporte Sagirah Shahid. Une répression dont la violence a atteint son paroxysme avec le meurtre de Renee Good, mère de famille tuée dans sa voiture le 7 janvier 2026, puis celui d’Alex Pretti, infirmier en réanimation, abattu le 24 janvier. Deux victimes blanches. « Beaucoup d'Américains blancs se sont alors rendu compte que cette police n'était pas là pour lutter contre l'immigration illégale », développe Janette Zahia Corcelius. Si, d'après la communication officielle du département de la Sécurité intérieure, l'ICE est chargée d'arrêter « le pire du pire », Rafael Gonzalez rappelle que « 75 % des personnes arrêtées n'ont pas de casier judiciaire ».
À Minneapolis, un bastion démocrate que Donald Trump voulait terroriser, la résistance s'est organisée. Le 23 janvier 2026, la ville a vu 50 000 personnes battre le pavé dans le froid, tandis que des milliers d’autres étaient en grève et que des centaines d’entreprises étaient fermées. « Des réseaux d'entraide se sont rapidement organisés autour des habitants qui vivaient sous la menace de l’ICE depuis des mois, au point de ne plus pouvoir sortir de chez eux. Des syndicats ont payé leurs factures ; des parents, des retraités, des oncles et des tantes ont patrouillé autour des écoles de leurs enfants pour surveiller les environs », témoigne Janette Zahia Corcelius. « On a fait des formations pour que les citoyens soient informés sur leurs droits constitutionnels », décrit Sagirah Shahid. « Cette résistance s'inscrit dans une longue histoire de lutte contre la violence coloniale qui s'est exercée sur les peuples autochtones », explique encore Rafael Gonzalez.
Les trois activistes américains veulent également profiter de leur tournée européenne pour alerter sur les investissements, de la part des banques du Vieux Continent (BNP Paribas, ATM, Axa), dans le capital de Palantir, le géant américain de traitement des données qui fournit des logiciels de surveillance à l'ICE et à l'armée israélienne, entre autres. « Aux États-Unis, au Minnesota, 80 000 personnes ont dénoncé le fait que leur retraite était financée par des fonds de pension investissant dans Palantir. Ils ont réussi à faire en sorte que les fonds soient orientés autrement. Manifestations, réseau de solidarité, réallocations des investissements… Il y a différents moyens de lutter », conclut Janette Zahia Corcelius, qui se réjouit d'un regain d'intérêt pour le syndicalisme, outre-Atlantique.

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