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Dans les Bouches-du-Rhône, le 8 octobre, ils en parlent…

6 octobre 2015 | Mise à jour le 2 mars 2017
Par | Photo(s) : Frédéric Seguran/AFP
Dans les Bouches-du-Rhône, le 8 octobre, ils en parlent…

À une semaine de la manifestation qui démarrera sur le Vieux-Port, ce jeudi 8 octobre à partir de 10 h 30, dans le cadre de la journée nationale d'action interprofessionnelle unitaire, les militants CGT du conseil départemental des Bouches-du-Rhône ont mis les bouchées doubles pour mobiliser leurs collègues. Tournées de services, distributions de tracts auront permis de prendre le pouls des 7 200 agents.

Dans cette collectivité territoriale passée aux mains de la droite cette année, c'est peu dire que les agents sont inquiets face aux restructurations de leurs activités. Ceux qui travaillent dans le social en particulier, confrontés à l'explosion de la demande et à la précarité grandissante des publics.

Chargés notamment de la gestion du RSA ou de l'insertion, ils déplorent les sous-effectifs, ils ont le sentiment que leur travail perd de son sens, qu'ils sont là « pour faire du chiffre ». Une agent qui travaille dans un service d'insertion, à Arles, explique que la nouvelle assemblée départementale entend « réduire les effectifs dans les services centraux et transférer de nouvelles tâches dans les services décentralisés qui n'en peuvent déjà plus ».

Elle redoute aussi la mise en place d'une nouvelle plateforme téléphonique qui risque « d'éloigner les usagers des services et les obliger à de longs déplacements pour faire traiter leurs dossiers ». Une autre travailleuse sociale avoue même avoir le sentiment « que notre mission se borne à faire du contrôle et pas de l'accompagnement individualisé. On est en surcharge permanente, on accueille mal, on travaille mal ».

Ce sentiment d'usure, cette véritable souffrance au travail est aussi exprimée par un agent technique des archives, qui déplore de ne « plus trouver de sens à son métier », cantonné qu'il est, désormais, à laisser filer à la sous-traitance les travaux nobles et intéressants qu'il effectuait auparavant.

Les conditions de travail et les missions de service public sont donc des ferments essentiels de la mobilisation pour cette journée du 8 octobre, de même que les salaires et la réforme des grilles de classification.

« Soumis au gel de la valeur du point d'indice depuis cinq ans, les agents du département subissent une baisse de leur pouvoir d'achat insupportable », assure Alain Zammit, secrétaire général du syndicat CGT.

 

« D'autant que pour beaucoup, en catégorie C, les salaires sont au-dessous ou à peine au-dessus du Smic. » Alain témoigne aussi des interrogations fortes des collègues, syndiqués ou non, sur le protocole d'accord PPCR que la CGT, FO et Solidaires refusent de signer (voir notre article précédent).

L'annonce du passage en force du texte par le Premier ministre est ici ressentie comme un camouflet. Pour les militants du syndicat CGT réunis en commission exécutive le 1er octobre, il apparaissait en tous cas nécessaire de revenir devant les agents pour expliquer pourquoi la CGT avait refusé de parapher ce protocole, alors que les négociations avaient suscité quelques espoirs.