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Manifestation

« Il y aura des actions coup de poing » : à Stellantis Poissy, les ouvriers mobilisés promettent de ne pas en rester là

23 avril 2026 | Mise à jour le 23 avril 2026
Par | Photo(s) : Emil Dromery
« Il y aura des actions coup de poing » : à Stellantis Poissy, les ouvriers mobilisés promettent de ne pas en rester là

Environ 400 personnes étaient mobilisées, ce jeudi 23 avril à Poisssy, pour défendre les postes et la chaîne de montage de l'usine Stellantis.

Environ 400 personnes ont défilé dans les rues de Poissy, dans les Yvelines, ce jeudi 23 avril, pour dénoncer la fermeture de l’usine Stellantis. Le constructeur avait annoncé, une semaine auparavant, la suppression d’un millier de postes et l’arrêt de l’assemblage automobile sur ce site, le dernier d’Île-de-France à posséder une chaîne de montage.

Dans les rues de Poissy (Yvelines), ce jeudi 23 avril, la colère imprègne l’atmosphère. Des affiches ont été collées sur presque toutes les devantures des commerces : « Non à la fermeture de l'usine Stellantis ». Petit à petit, environ 400 syndiqués, grévistes et manifestants se rassemblent devant la mairie, où se succèdent les prises de parole des représentants syndicaux, avant que le cortège ne se dirige vers l’usine.

Le 16 avril, la direction du groupe automobile italo-franco-américain avait annoncé la fin de la production du modèle Opel Mokka d'ici à 2028. Une déclaration choc qui pourrait entraîner la suppression de près de 1 000 postes ouvriers sur le site. Mikaël Collin, responsable de l'union locale CGT Poissy et salarié de l'usine, explique : « On s'y attendait. Quand une usine a une moyenne d'âge de 54 ans et ne recrute plus, c'est que la direction prépare quelque chose. » D’autres mobilisations avaient également lieu ce même jour ailleurs en France, à Metz et Sochaux notamment, pour dénoncer la « casse de l'emploi » et défendre la sous-traitance automobile.

Les syndicats unis pour peser sur la direction

La CGT de Poissy était mobilisée sur ce dossier dès septembre dernier. D'abord localement, avec une première mobilisation pour alerter sur les risques de fermeture, puis en décembre, lors d'une manifestation. Ce 23 avril marque un tournant : les syndicats se sont unis pour peser davantage face à la direction. L'Unsa, Sud et la CGT ont défilé ensemble, dans une ambiance à la fois combative et solidaire, malgré les grandes inquiétudes sur l'avenir du site et des postes. « Cette journée d'action n'est pas la fin de quelque chose, c'est la continuité d'un combat. Elle sera suivie d’autres mobilisations jusqu’à ce qu’on sauve les postes », décrit un militant. Car les salariés revendiquent le maintien de l'ensemble des emplois sur le site, mais aussi la préservation de la chaîne de montage, pour garantir des voitures accessibles aux classes populaires.

Bien que la direction de Stellantis ait annoncé un plan de reconversion du site, avec près de 100 millions d'euros d'investissements destinés à la production de pièces automobiles, au reconditionnement de véhicules et à l'impression 3D de composants pour petites séries, la fin de l'assemblage automobile condamnerait tout de même près de 1 000 emplois ouvriers. Sans oublier l’impact plus global sur la filière, qu’il s’agisse des sous-traitants ou des entreprises partenaires. Sécurité, transports mais aussi commerces et activité économique locale : toute la ville de Poissy pourrait in fine être concernée. Un syndicaliste de l'usine Stellantis de Caen, venu spécialement pour l’occasion, prévient : « Quand on tue un emploi industriel, on en détruit plusieurs autres derrière. »

Une lutte appelée à s'intensifier

Pour les syndicats, la manifestation du 23 avril n’est qu'un début. Tous évoquent un mouvement appelé à s'amplifier dans les semaines à venir, notamment au sein de l'usine. Un responsable du mouvement de grève prévient : « Il y aura des actions coup de poing, à tout moment, à toute heure, jusqu'à l'attribution d'un nouveau véhicule à Poissy. »

Au-delà du seul cas de l’usine des Yvelines, les manifestants dénoncent plus largement la désindustrialisation de la filière automobile française. Lors des prises de parole, Stéphane Flégeau, secrétaire général de la Fédération CGT des travailleurs de la métallurgie, a envoyé un message au gouvernement et aux constructeurs : « La filière automobile a besoin d'investissements massifs, de production sur le territoire, de véhicules accessibles produits ici et d'emplois stables et qualifiés. Il faut imposer une autre politique industrielle. »