25 juin 2026 | Mise à jour le 25 juin 2026
Débats, conférences, soirées festives… À l'occasion de sa 10e édition, le Festi'Red réunissait, du 24 au 26 juin à Montreuil, une centaine de jeunes syndicalistes de la CGT Services publics. Objectif : échanger sur les enjeux de notre temps et resserrer les rangs avant les élections professionnelles de décembre.
La chaleur étouffante n’a pas entamé leur détermination. Mercredi 24 juin, ils étaient plusieurs dizaines de jeunes syndiqués, âgés de 18 à 35 ans, à débattre de la résistance cubaine et de l'impérialisme américain à travers le prisme du blocus actuel. Le lendemain, malgré une courte nuit, la concentration restait maximale pour aborder la vie syndicale et la préparation des élections professionnelles dans la fonction publique, prévues le 10 décembre 2026. Le tout s’est déroulé dans une ambiance mi-studieuse mi-conviviale. Voilà l’ADN du Festi'Red, un festival créé voilà 10 ans par la Fédération CGT des services publics pour former sa relève.
« Au départ, le projet est né du collectif jeunes qui, après un congrès fédéral, s’était réuni pour imaginer un événement fort », se souvient Karen Verdier, 37 ans, agente spécialisée des écoles maternelles (Asem) à Paris et animatrice du collectif jeunes de la Fédération. « Un camarade du Var avait alerté sur la montée inquiétante de l'extrême droite dans certaines collectivités et sur ses difficultés au quotidien. Nous avons donc décidé de marquer le coup en montrant que la jeunesse CGT était bien présente et visible sur ce terrain. »
Plus de 250 métiers qui se rencontrent
Année après année, la formule du Festi'Red s'impose et prend de l’ampleur. Pour coller au plus près des réalités du terrain, l'événement est itinérant. « Il se déplace dans différents départements pour représenter fidèlement toute la diversité de la jeunesse des services publics », confirme Camille Berthaud, agente sociale en crèche à Vaulx-en-Velin, dans le Rhône, et membre du collectif d’organisation. Sur place, la richesse des métiers de la Fédération saute aux yeux : agent territorial spécialisé des écoles maternelles (Atsem), éboueurs, bibliothécaires, animateurs, pompiers, travailleuses sociales, agents administratifs ou des espaces verts, électriciens ou plombiers, du côté des filières territoriales… Et pour le secteur privé : salariés d’entreprises comme Veolia, le champ fédéral englobant aussi l’eau, le logement social et le funéraire. Au total, ce sont plus de 250 métiers qui se côtoient et partagent leurs expériences.
Un troisième temps fort a permis de tracer les perspectives revendicatives que les jeunes entendent porter : lutte contre l'extrême droite, emploi, salaires, discriminations et développement du syndicalisme jeune. Mais cette année, un sujet brûlant était dans toutes les têtes : la campagne pour les élections professionnelles de la fonction publique. En tant que militants de moins de 35 ans, ces agents savent qu’ils ont un rôle crucial à jouer. La fédération l'a bien compris : elle leur donne une place de choix dans ses instances (trois membres du collectif jeunes siègent à la direction fédérale) et soutient activement ces trois jours de cohésion.
« C'est certain, cela resserre les liens, redonne de l'énergie et ouvre de nouvelles perspectives », résume Coraline Duranz, 35 ans, secrétaire générale du syndicat CGT des territoriaux de Bruz (Ille-et-Vilaine). Depuis le début d'année, le syndicat a enregistré 16 nouvelles adhésions, sur un effectif de 67 agents. Un signal fort que cette jeune aide-soignante en Ehpad compte bien transformer en votes en décembre, quitte à « aller sur le terrain encore plus que d'habitude ». Coraline incarne cette relève territoriale qui choisit de prendre des responsabilités : elle est actuellement la seule femme secrétaire générale parmi les 13 syndicats CGT Territoriaux de son département.