Le fourre-tout libéral du Medef
Pendant que la CGT tenait son AG de rentrée, mardi 30 août, démarrait l'université d'été du Medef. Au programme : les propositions patronales pour passer des « 30 piteuses » aux « 30 audacieuses », au détriment du social.
Publié le 2 septembre 2016, modifié le 7 août 2026
Pendant que la CGT tenait son AG de rentrée, mardi 30 août, démarrait l’université d’été du Medef. Au programme : les propositions patronales pour passer des « 30 piteuses » aux « 30 audacieuses », au détriment du social.
Rentrée sociale Pendant que la CGT tenait son CCN de rentrée, mardi 30 août, démarrait, à Jouy-en-Josas, l’université d’été du Medef. Au programme : les propositions patronales pour en finir avec les « 30 piteuses » et construire les « 30 audacieuses ». À l’entrée du campus d’HEC, où se tenait l’événement, les participants furent accueillis par une délégation de la CGT des Yvelines.
« On va créer un million d’emplois sur cinq ans. » La formule de Pierre Gattaz est encore dans les esprits plus de deux ans après la promesse – pin’s à l’appui ! – du patron des patrons. Si le président du Medef réfute, à l’occasion de l’université d’été de son organisation, avoir jamais promis d’atteindre ce chiffre, il surenchérit cependant mardi en déclarant détenir la recette pour en créer 2 millions. Autre objectif de Pierre Gattaz : faire de la France la « Silicon Valley de l’Europe à horizon 2026 ».
C’est que Pierre Gattaz est très confiant pour l’avenir de la France. Après un diagnostic des « mutations profondes » auxquelles l’économie du pays devra s’adapter dans les années à venir – nouvelles technologies, nouveaux modèles économiques, évolutions démographiques et changement climatique – il égraine les atouts de la France, qui permettront, selon lui, au pays de « gagner » en vantant un système de recherche performant, un rayonnement culturel international, une jeunesse audacieuse et un positionnement géographique au cœur de l’Europe.
Mais pour tirer profit de ces atouts, les dirigeants d’entreprise présents à Jouy-en-Josas en appellent à l’unisson à « déverrouiller » le marché du travail. Pierre Gattaz va même jusqu’à reprendre, en ses propres termes, par quatre fois, la fameuse expression d’Arthur Laffer (un économiste libéral). « Trop de charges tuent les entreprises », dit-il, ou encore, « trop de contraintes sociales tuent le social et donc l’emploi ».
Une analyse partagée par Gary Coombe, président pour l’Europe de la multinationale Procter & Gamble, et Tony Elumelu, économiste et entrepreneur nigérian, invités tous deux à débattre sur l’image de la France à l’étranger. « Il faut permettre aux entreprises de fonctionner de manière relativement libre », dira le premier. Le second abondera : « Le gouvernement [français, NDLR] doit comprendre que ce qui est bon pour le secteur privé est bon pour le pays. »
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