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Entretien vidéo

« Militants de la cause du peuple » : rencontre avec l'ambassadrice de Palestine au 54e congrès de la CGT

3 juin 2026 | Mise à jour le 3 juin 2026
Par | Photo(s) : Enzo Hanart / AFP
« Militants de la cause du peuple » : rencontre avec l'ambassadrice de Palestine au 54e congrès de la CGT

Hala Abou Hassira, ambassadrice de Palestine, à notre micro.

Depuis son ouverture, le 54e congrès de la CGT ménage une place majeure à la cause palestinienne au milieu de ses débats. Après avoir reçu deux journalistes et syndicalistes palestiniens, le syndicat a accueilli à Tours mardi 2 juin l’ambassadrice de Palestine en France, Hala Abou Hassira. NVO.fr a pu la rencontrer en marge de son intervention.

Des voix où roulent les échos d’un génocide. Au 54e congrès de la CGT, organisé à Tours, s’élèvent depuis le premier jour des interventions qui résonnent comme le rappel de la violence de la tragédie déchirant la Bande de Gaza. Dimanche 31 mai, ce fut d’abord Nasser Abou Bakr, président du syndicat des journalistes palestiniens, et ce mardi 2 juin, la CGT recevait Youssef Habache, lui aussi journaliste et syndicaliste, et l’ambassadrice de Palestine en France, Hala Abou Hassira. Après avoir alerté sur la gravité de la situation humanitaire régnant dans la région la plus densément peuplée au monde, si durement touchée par des bombardements qui ont, de surcroît, dévasté 30% du bâti, la diplomate a averti depuis la scène : « La Palestine ne doit pas être une exception, ni Israël une exception au moment d’appliquer le droit international ».

Comme une manière de replacer la Palestine dans une humanité commune afin de combattre l’isolement qui la menace. Descendue de l’estrade, retirée dans le calme d’une petite pièce attenante, Hala Abou Hassira le reconnaît (notre entretien complet est à retrouver dans la vidéo ci-dessous) : représenter la Palestine relève d’un sacerdoce à part. « La diplomatie palestinienne, c’est vrai, est peut-être unique au monde au sens où nous travaillons dans une situation de crise permanente. Chaque jour, un hôpital, une école, des quartiers résidentiels sont bombardés et rasés, des femmes et enfants tués. Nous gérons ces événements chaque jour, essayant d’être la voix de notre peuple, malgré les menaces et intimidations, la censure contre nous qui visent à invisibiliser le peuple palestinien et sa cause », confie-t-elle.

Elle sourit : « Nous, les diplomates palestiniens nous sommes à l’origine des militants, des militants de la cause de notre peuple, de la liberté de la Palestine, de l’égalité de la Palestine, des droits du peuple palestinien ».

Nouvelle donne

La donne a récemment changé pour elle et le statut de la Palestine en France. Déjà ambassadrice et cheffe de la Mission palestinienne à Paris depuis 2021, elle est devenue ambassadrice à part entière depuis que le 22 septembre 2025, Emmanuel Macron a enfin reconnu l’État de Palestine au nom de la France, et qu’elle a présenté à ce dernier ses lettres de créances. « Le gouvernement français a répondu à une demande du peuple français de reconnaître la Palestine, dans toutes ses composantes politiques et sociales », expose-t-elle. Car Hala Abou Hassira inscrit cet événement dans la tradition politique française : « J’ai vu un peuple français fidèle à ses valeurs de liberté, d’égalité, de dignité qui nous unissent et fidèle à sa révolution ». « Sans les syndicats aussi, nous ne serions pas capables d’avancer dans notre quête. C’est ensemble qu’on mène ce combat pour la justice et l’égalité des droits », a-t-elle encore salué.

Un combat qui doit mieux capter désormais l’attention des autorités : « Maintenant, nous attendons davantage d’actions pour concrétiser l’État palestinien, lui fournir les outils et ressources pour continuer cette construction des institutions étatiques et la reconstruction de la bande de Gaza pour la survie du peuple palestinien sur ses terres ». « Nous continuons à porter un message pour une paix juste, fondée sur le droit. La vocation du peuple palestinien est de vivre en paix, à vivre ensemble. C’est un choix et une obligation, c’est notre message au monde et au peuple israélien », pose-t-elle.

Sur la scène, la secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet, a par ailleurs adressé cette feuille de route aux congressistes. « Je prends ici quatre engagements devant le congrès : nous nous engageons à agir et à continuer à le faire, à l’image de nos camarades dockers et d’ADP, pour bloquer les livraisons d’armes ; continuer à travailler dans chacune de nos professions pour multiplier les coopérations ; continuer à agir pour qu’il y ait des sanctions contre ce régime génocidaire. Nous nous engageons sans notre gouvernement qui tarde à lever le petit doigt à agir pour que nos entreprises ne soutiennent pas la colonisation ; nous nous engageons à soutenir les acteurs de paix en Israël ».