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Iran

« Ni chah, ni Mollah »

18 janvier 2026 | Mise à jour le 18 janvier 2026
Par | Photo(s) : JULIEN DE ROSA / AFP
« Ni chah, ni Mollah »

Manifestation devant le Panthéon à Paris en soutien au peuple iraninen, victime d'une répression sanglante. Paris, 17 janvier 2026.

Samedi 17 janvier 2026, plusieurs milliers de manifestants ont défilé dans plusieurs villes de France en solidarité avec le mouvement de contestation iranien qui ose défier le régime des mollahs au prix d'une répression sanglante. Reportage à Paris, place du Panthéon où des centaines de personnes ont répondu à l'appel.

« Ni chah, ni Mollah », « vive la révolution démocratique en Iran », « Femme, Vie, Liberté », « # Free Iran », « solidarité indéfectible avec les femmes et le peuple d'Iran, en lutte pour leur liberté », « L'Iran sera libre », « Ils coupent le net mais pas la résistance », « Vive la révolution démocratique en Iran » … Sur les pancartes et les banderoles brandies par les manifestants réunis au pied du Panthéon à Paris, les slogans s'affichent comme autant de messages de soutien au peuple iranien en lutte contre le régime des mollahs dont la répression féroce aurait déjà fait plusieurs milliers de morts (jusqu'à 20.000 morts) selon l'ONG Iran Human Rights (IHR), basée en Norvège. Mais la coupure d’internet rend difficile le travail de vérification pour les ONG et les médias.

La foule réunie à l’appel de collectifs de réfugiés, d’organisations féministes, d’associations de défense des droits humains, de syndicats (CFDT, CGT, FSU, FO, Solidaires), et de partis de gauche, a notamment scandé « Femme, vie, liberté » – slogan emblématique de la contestation de 2022 – et « Mort à Khamenei » en farsi avant de s'ébrouer lentement en direction de la place d’Italie.

La France doit agir

« La France et la communauté internationale doivent agir, il faut arrêter cette répression, (…) sanctionner ses auteurs et faire tomber ce régime », lance, depuis la petite tribune, la représentante de Azadi of Iran, collectif de défense des droits humains en Iran, réclamant « à la France et à l'UE d'inscrire les gardiens de la révolution sur la liste des organisations terroristes et de saisir de toute urgence le conseil de sécurité des nations unies ». Dans la foulée, Chirinne Ardakani, avocate franco-iranienne et présidente de l’ONG « Iran Justice » a pointé le rôle déterminant des femmes dans ce mouvement de lutte et rendu hommage à Jina Mahsa Amini, jeune iranienne de 22 ans tuée par la police du régime en septembre 2022 et devenue le symbole de la résistance iranienne. Visiblement émue, elle a relayé « le SOS des Iraniens et des Iraniennes en lutte contre les forces de destruction et de terreurs qui se livrent à une guerre impitoyable contre le peuple en lutte pour la démocratie ». Et la foule de lui répondre au cri de « Femme, vie, liberté ! ».

La CGT présente

« Nous sommes ici avec tous ceux qui veulent changer la société en Iran, explique, au milieu de la foule, Benoît Martin, secrétaire général de l'UD de Paris et membre de la commission internationale de la CGT. Nous dénonçons le massacre de milliers de morts dû à la répression par le régime iranien. Nous sommes là pour exprimer une solidarité internationale et exiger des mesures à la fois diplomatiques et économiques qui mettent la pression sur les dirigeants Iraniens. » Même message de la part de Jennifer Leonie Bellay, militante d'Attac France : « nous sommes là en solidarité avec nos frères et sœurs de lutte en Iran, pour dénoncer l'enfermement d'un peuple dans une théocratie qui emprisonne la vie de milliers de personnes depuis des décennies et va à l'encontre de leur dignité ». « C'est bien normal d'être là en tant que syndicaliste, la lutte pour le progrès social et la dignité est internationale », ajoute Arnaud Mocquelet, secrétaire général du syndicat CGT ferré, métro RER.

Les associations en soutien

« On dénonce ce massacre, on s'insurge contre ce régime et contre ceux qui se prennent pour les gendarmes du monde et envisagent d'aller les massacrer pour les défendre contre les Mollahs, explique Catherine, 70 ans, militante de la LDH venue avec des copines de la FSU. On attend de la France qu'elle prenne des mesures concrètes diplomatiques mais aussi économiques pour rompre l'isolement de la population iranienne et la soutenir. » « Liberté des femmes, renchérit Valérie militante de La fondation des femmes, à quelques pas. Les femmes sont en première ligne dans ce combat et nous sommes là en solidarité avec elles comme nous le sommes depuis trois ans avec notre soutien au mouvement Femme, Vie, Liberté. Nous demandons à la France qu'elle intervienne car pour l'instant, c'est le silence. »

Refugiées et militantes

Nogin Aramosh, jeune écrivaine iranienne réfugiée politique en France depuis 6 mois et militante de l'organisation iranienne de défense des droits humains Hrana a fait le voyage depuis Toulon. « J'ai été emprisonnée deux fois par le régime dont la dernière fois pour avoir participé au mouvement Femme, Vie, Liberté. J'ai dû fuir et je veux dire ma solidarité à tous ceux qui sont restés et qui luttent en Iran. »

Gaëlle et Fariba, deux Franco-iraniennes réfugiées en France depuis la révolution iranienne participent régulièrement aux manifestations en soutien au mouvement pour la démocratie en Iran. « On est là pour soutenir nos familles, nos amis, nos compatriotes iraniens qui sont en train de se faire massacrer à huis-clos depuis que le régime a coupé internet il y a 10 jours, expliquent-elles en brandissant leurs pancartes « Femme, Vie, Liberté ». Avant d'être politique, c'est parti d'un mouvement social car les Iraniens n'avaient plus les moyens de faire face à une inflation de 50%, la classe moyenne est décimée. L'étincelle est venue des commerçants du bazar de Téhéran et notamment des vendeurs de téléphones portables qui ne pouvaient même plus vendre leur marchandise. » L'une a eu des nouvelles de sa famille grâce à un relais en Turquie, l'autre reste sans information et ne cache pas son inquiétude. Pour elles, ce mouvement vient de loin, elles espèrent que cette fois sera la bonne.