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Presse et médias

Contre les discriminations dans les médias, le SNJ-CGT et l’Ajar lancent un « racistomètre »

19 juin 2026 | Mise à jour le 19 juin 2026
Par | Photo(s) : CGT
Contre les discriminations dans les médias, le SNJ-CGT et l’Ajar lancent un « racistomètre »

Marche antiraciste à Paris en mars 2026.

Face à l’augmentation des propos racistes dans les médias, le Syndicat national des journalistes de la CGT (SNJ-CGT), de concert avec l'Association des journalistes antiracistes et racisés (Ajar), annonce la mise en place d’un « racistomètre ». Objectif : apprendre à reconnaître,  évaluer et prévenir les comportements discriminatoires qui ont lieu au sein des rédactions.

Un « outil innovant, destiné à aider les journalistes au sein de leur entreprise et sur le terrain de travail ». C’est ainsi que le SNJ-CGT décrit le « racistomètre », qu’il vient de lancer en partenariat avec l'Association des journalistes antiracistes et racisés (Ajar). Ce nouvel instrument, qui sera dévoilé lors d’une conférence de presse lundi 22 juin à Paris, prendra la forme d’une règle, à l’image du « violentomètre », connu pour sensibiliser aux violences conjugales. L’objectif : pouvoir mesurer les différentes formes de discriminations raciales qui ont lieu dans le milieu du travail, en l’occurrence au sein des rédactions de presse.

Pour le SNJ-CGT, cette initiative se révèle plus que nécessaire dans le contexte actuel, « marqué par une persistance, voire une augmentation, des discriminations », qui s’illustre par la multiplication des propos racistes tenus sur les plateaux télévisés, mais aussi au sein des rédactions. Dernier exemple en date : le traitement de l’élection de Bally Bagayoko à la mairie de Saint-Denis (93) par CNews a entraîné l’ouverture d’une enquête pour injures à caractère raciste contre la chaîne d’information en continu.

Faire évoluer les comportements

Houda Benallal, coordinatrice du racistomètre au sein du SNJ-CGT, revient sur l’origine de ce projet. « Entre 2021 et 2022, nous avons mené une enquête sur le silence entourant les discriminations dans les médias. L'objectif était à la fois de mesurer le racisme vécu par les journalistes et d'analyser la manière dont certains contenus éditoriaux peuvent le produire ou l'alimenter », explique-t-elle. Les résultats ont été édifiants. « On a constaté que certaines personnes victimes de racisme ne se considéraient pas nécessairement comme telles, ou ne réalisaient pas immédiatement qu'elles avaient subi une discrimination », ajoute-t-elle.

Le racistomètre visera donc une approche très pédagogique, en s'inscrivant « dans une démarche plus large de promotion de l'égalité, du respect de la diversité et de la lutte contre toutes les formes de discrimination », afin de permettre aux journalistes victimes de racisme de réaliser que leur espace de travail n’est pas sain pour eux. Plus largement, « l'objectif de cet outil est de favoriser la prise de conscience, le dialogue, l'amélioration des pratiques et de contribuer, ainsi, à faire évoluer les comportements », précise le communiqué du SNJ-CGT.

Un outil voué à perdurer dans les rédactions

Avec cet outil, le SNJ-CGT souhaite enfin pouvoir pouvoir améliorer concrètement le quotidien des journalistes et favoriser une pratique plus éthique de ce métier. Une démarche qui rejoint les actions de l'Ajar, qui a cofinancé l’impression des règles et qui travaille, au jour le jour, à sensibiliser aux techniques d'écriture et d’enquête afin d'éviter les biais racistes ou dénigrants.

Pour Houda Benallal, le racistomètre a vocation à trouver sa place et à perdurer dans les rédactions : « Il devra être affiché dans les entreprises de presse, notamment par les comités sociaux et économiques. Il pourra ensuite servir de support aux réunions, aux formations… Les élus du personnel pourront s'en saisir et le faire vivre au sein des rédactions. » Le SNJ-CGT a prévu d’imprimer 5 000 exemplaires du racistomètre, auxquels seront joints 1 000 livrets pédagogiques, qui seront envoyés dans tous les médias où le syndicat est présent.