
Un nouveau congé de naissance : avancée sociale ou trompe-l’œil ?
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Dans sa lettre de cadrage, feuille de route de la négociation, le gouvernement a en effet réclamé fin septembre que cette future négociation permette de réaliser de 3 à 3,9 milliards d’euros d’économies en trois ans, ce que les syndicats ont dénoncé comme une « logique uniquement budgétaire ».
Denis Gravouil rappelle que « ces économies représentent entre un milliard et 1,3 milliard par an sur une enveloppe annuelle de prestations de 39 milliards. C’est donc considérable. D’autant qu’elles cibleraient plus particulièrement les travailleurs précaires, c’est à dire les catégories dont les effectifs augmentent à chaque publication des chiffres du chômage. Ce sont des travailleurs qui alternent des périodes de petits boulots avec des périodes indemnisées. On estime que 2,2 millions de personnes sont dans cette situation, alors que seulement 800 000 sont indemnisées. Le gouvernement et le patronat veulent réaliser ces économies sur, par exemple, les assistantes maternelles , les intérimaires, les extras hôteliers, les salariés de l’aide à la personne ou ceux du commerce ».
Sous prétexte « d’équité » dans le fléchage des économies, le patronat et le gouvernement entendent aussi faire contribuer les intermittents du spectacle qui relèvent d’un régime spécifique. Ils n’ont pas encore annoncé combien ils comptaient économiser sur les intermittents. Depuis 2016 et l’échec des négociations sur le régime général d’indemnisation des chômeurs, une négociation spécifique sur le régime des intermittents avait débouché sur un accord qui a permis d’ouvrir des droits pour 4000 à 5000 personnes. Cet accord avait été salué par tout le monde même si dans les faits, les plus hauts revenus ont vu leur indemnisation baisser. « Ce que nous redoutons cette fois, c’est qu’on change une nouvelle fois les règles, pas pour améliorer les choses, mais pour au contraire réduire l’indemnisation de tous », résume Denis Gravouil qui espère qu’aucune organisation syndicale ne prendra la responsabilité de signer une remise en cause de cet accord.

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