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Edito

VO impôts : comprendre votre déclaration fiscale 2026... et ne pas oublier ce qu'elle doit à un budget de compromission

2 avril 2026 | Mise à jour le 2 avril 2026
Par | Photo(s) : VO Impôts
VO impôts : comprendre votre déclaration fiscale 2026... et ne pas oublier ce qu'elle doit à un budget de compromission

La Une de notre nouvelle édition de la VO Impôts.

Nous vous proposons de retrouver ici l’édito ouvrant notre nouvelle édition de la VO impôts pour l’année 2026, disponible en ce mois d’avril. Ce numéro vise encore à décortiquer la complexité de la législation fiscale dans un langage simple mais rigoureux. Cette année, cette publication a été décalée en raison de l’adoption tardive de la loi de finances désormais en vigueur : un budget accouché au forceps et au milieu de compromis qui ont tout de compromissions. 

Chère lectrice, cher lecteur, 

Nous voudrions d'abord vous remercier d'avoir choisi cette année encore la VO Impôts pour vous accompagner dans votre déclaration des revenus 2026 (perçus en 2025). La renommée de notre publication depuis plus de soixante ans tient principalement aux explications mises à la disposition des contribuables permettant de décortiquer la complexité de la législation fiscale dans un langage simple mais rigoureux. La revue vous sera également utile tout au long de l'année pour vérifier si votre taux de prélèvement à la source n'est pas trop élevé par rapport à vos revenus actuels ainsi que pour contester d'éventuels redressements. 

En raison de l'adoption tardive de la loi de finances pour 2026, nous avons fait le choix, comme l'année dernière, de décaler la publication de la VO Impôts afin de vous garantir une information fiable et à jour. En effet, après des semaines de chantage basé sur un mensonge puisque la loi spéciale adoptée en décembre était suffisante pour reconduire le budget (même critiquable) de l'année précédente, le gouvernement est passé en force avec l'utilisation de l'article 49-3 de la Constitution et a survécu aux motions de censure déposées par la gauche, hors Parti socialiste, et le Rassemblement national. Si le gouvernement a sauvé sa tête, ce serait grâce à des compromis. 

Le sommeil serein des ultrariches

Mais, à l'examen, on peut se demander si les compromis ne s'apparentent pas davantage à de la compromission avec la politique macroniste. Certes, la surtaxe sur les bénéfices des grandes entreprises créée en 2025 sera maintenue pour environ 8 milliards d'euros (soit 4 milliards de plus que prévu initialement). Mais elle rapportera moins car le seuil d'application a été relevé.  La cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises (CVAE) ne sera pas amputée de 1,1 milliard d'euros. Un resserrement du pacte Dutreil qui permet de transmettre une entreprise avec de multiples exonérations est également acté pour quelques centaines de millions.  

Mais que l'on se rassure, les ultrariches peuvent continuer à dormir tranquille : ils n'auront pas à souffrir ni d'une taxe Zucman (même allégée dans sa version proposée par le groupe socialiste) ni d'un élargissement de l'impôt sur la fortune immobilière. Quant à la taxation des holdings pour contrer les stratégies d'optimisation fiscale des plus fortunés, elle ne constituera qu'une égratignure puisque les actifs professionnels ne seront pas inclus dans l'assiette taxable. Dans un contexte où un ancien ministre de l'Économie et des Finances a indiqué dans la presse que parmi les personnes les plus fortunées dans notre pays, des milliers ont un revenu fiscal de référence de zéro, et ne paient donc aucun impôt sur le revenu, le ruissellement s'apparente encore une fois à du goutte à goutte. Cet épisode sur le volet recettes aura eu au moins un mérite : le Rassemblement national qui se présente comme un parti populaire et social est apparu comme un soutien sans faille aux milliardaires (refus de la taxe Zucman, proposition de contre-budget avec coupes drastiques dans les dépenses et baisses d'impôts massives pour les entreprises). 

Côté particuliers, le barème de l'impôt sur le revenu n'est pas gelé comme annoncé en septembre et toutes les tranches sont indexées sur l'inflation. De même, la hausse de la prime d'activité, qui atteindra en moyenne 50 euros et concernera 3 millions de salariés au Smic, ainsi que le repas à un euro pour tous les étudiants sont également au programme. 

A-t-on évite le pire ? Même pas !

On a évité le pire pourrait-on dire ! Sauf que non, car ces « concessions » sont sans commune mesure avec les coupes drastiques dans les dépenses publiques, prévues initialement et non remises en cause, comme les suppressions d'emplois dans la fonction publique, dont 4 000 postes d'enseignants, ce qui va entraîner des fermetures de classes mais aussi d'écoles. Sans parler des hôpitaux en grande difficulté et des économies supplémentaires demandées aux collectivités locales, ce qui en fait l'un des budgets les plus austéritaires de ces dernières années. 

Comme le proposent la CGT et sa Fédération des finances, il est grand temps qu'un système fiscal plus juste voie le jour tant dans sa conception que dans ses modalités afin de réduire les inégalités et redistribuer les richesses. L'impôt sur le revenu doit être rendu plus progressif en augmentant les taux pour les plus hauts revenus et en rédui­sant les niches fiscales. À l'inverse, il convient de réduire l'influence des impôts propor­tionnels comme la TVA. Enfin, la financiarisation outrancière de l'économie accroît le chômage qui gangrène la société. Taxer plus le capital que le travail permettrait de réorienter les profits vers l'emploi, les salaires et les urgences sanitaires, sociales et environnementales.