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Reportage

Après la victoire : l'heure de la fête pour les coiffeuses du boulevard de Strasbourg

29 mai 2026 | Mise à jour le 29 mai 2026
Par | Photo(s) : Emil Dromery
Après la victoire : l'heure de la fête pour les coiffeuses du boulevard de Strasbourg

Représentants syndicaux, responsables politiques, amis, soutiens du salon et simples visiteurs étaient présents, jeudi 28 mai, pour cette fête de la victoire.

Ce jeudi 28 mai, les coiffeuses du 65, boulevard de Strasbourg fêtaient leur victoire : régularisations obtenues et procédures pénales enclenchées contre leurs patrons, dans la cour d'une des annexes de la Bourse du travail de Paris. Un moment convivial pour célébrer cette lutte victorieuse et en encourager d'autres.

Sous la chaleur parisienne, la CGT organisait ce jeudi 28 mai, dans la cour d’une annexe de la Bourse du travail, près de la place de la République, une « fête de la victoire » afin de célébrer le combat et le succès des coiffeuses du 65, boulevard de Strasbourg. Le 3 mars, les employées de ce salon, situé dans le quartier de Château d'Eau, dans le Xe arrondissement de la capitale, avaient commencé à occuper les locaux pour protester contre leurs patrons, accusés de leur soutirer de l'argent et de leur imposer des conditions de travail aliénantes.

Soixante-dix-huit jours plus tard, leur mobilisation a porté ses fruits. Celles que l'on surnomme désormais « les coiffeuses du boulevard de Strasbourg » ont obtenu gain de cause. Le mardi 19 mai, la préfecture de police leur a délivré des titres de séjour en tant que victimes potentielles de traite d’êtres humains, tandis que le salon de coiffure est en cours de liquidation. C’est pourquoi toutes les coiffeuses, prothésistes ongulaires, hommes de ménage et caissiers étaient présents près de la place de la République pour célébrer leur victoire et remercier les personnes qui les ont soutenus tout au long de cette lutte.

Un moment convivial…

Près d'une cinquantaine de personnes étaient réunies dans la cour du bâtiment, décorée pour l'occasion des pancartes placardées durant l'occupation du salon : « Pour nos salaires, on lâche rien », « Nos mains méritent des salaires », « La haine nous divise, le syndicalisme nous rassemble »… Représentants syndicaux, responsables politiques, amis, soutiens du salon et simples visiteurs se mêlent.

Rapidement, les embrassades commencent, la musique résonne et les rires envahissent la cour. Coco, l'une des coiffeuses du salon, raconte au milieu de ses collègues : « On veut dire merci à tout le monde. On a reçu un immense soutien et aujourd'hui, on est soulagées et très heureuses d'être là. » Bintou, la coiffeuse à l'origine du mouvement, a été accueillie en grande pompe sur la scène improvisée pour l'occasion. Après les discours, un concert a prolongé la fête.

… qui appelle à d’autres luttes

Rémy Frey, représentant de l'union départementale de la CGT Paris, tire une conclusion simple de ces deux mois d'occupation et de combat syndical : « Cette lutte, c'est avant tout la leur. Elles ont fait preuve d'une détermination admirable. Ce n'était pas simple : tous les salariés du salon sont partis en grève avec des revendications claires et sont allés jusqu'à la victoire. Nous avons beaucoup à apprendre de ces camarades. »

Une prise de parole qui rappelle que cette lutte n'est ni la première – on se souvient en effet des coiffeuses du salon New York Fashion qui, au sortir d’une grève entre mai 2014 et novembre 2016, étaient parvenues à faire condamner leurs deux anciens gérants – ni sans doute la dernière sur le boulevard de Strasbourg. Adèle Tellez, secrétaire générale de la CGT Paris, confiait d’ailleurs le 20 mai auprès d’InfoMigrant que des situations similaires avaient encore été identifiées dans le quartier. Élie Jousselin, élu de la mairie du Xe arrondissement, a d'ailleurs annoncé qu'une nouvelle fête serait organisée en juin à la mairie afin de célébrer cette mobilisation et de la faire connaître à l'ensemble des habitants du quartier.