5 juin 2026 | Mise à jour le 5 juin 2026
Le 54e congrès de la CGT a pris fin ce vendredi 5 juin, clos par un bureau confédéral assez largement renouvelé. Celui-ci aura à charge de traduire les orientations du syndicat pour les trois prochaines années. La secrétaire générale, Sophie Binet, inaugure donc son deuxième mandat à la tête de l’organisation.
C’est l’une des dimensions attendues d’un discours de clôture : faire l’éloge des points de consensus, l’hommage au mandat qu’on achève à peine, la projection vers celui qu’on commence tout juste. Rien de tout ça n’a manqué à la prise de parole de Sophie Binet au moment de s'emparer de l’estrade du 54e congrès de la CGT à Tours pour la dernière fois ce vendredi 5 juin.
Fraîchement réintronisée au secrétariat général, elle a d’abord livré quelques satisfecit. Elle a ainsi salué le vote du bilan d’activité à hauteur de 82% : « On n’avait pas connu ça depuis le congrès de Toulouse en 2013 ». Puis s’est félicitée d’« une direction extrêmement bien réélue ». Sophie Binet a d’ailleurs voulu lire dans ces suffrages les traits d’un « congrès du rassemblement ». « Il est vital pour la force de la CGT d’être toujours plus rassemblée », a-t-elle posé, avant de filer, à bon entendeur politique : « Et c’est toujours celui qui rassemble qui gagne. Un enseignement qui vaut partout tout le temps ».
Au rang des satisfactions encore, le vote des délégués en faveur de l’inscription du cadre commun d’action contre les violences sexistes et sexuelles au sein des statuts confédéraux, et ce, à 71% des bulletins exprimés : « Qu’une organisation de masse, mixte, forte de 130 ans d’histoire, se donne les moyens par elle-même d’être féministe en acte, et pas seulement en paroles, c’est génial et c’est ce que nous avons fait cette semaine ».
Craquelures
Est-ce à dire que tout dans ce 54e congrès a glissé comme sur du papier velin ? Non. Et Sophie Binet a touché quelques mots des craquelures au tableau. La secrétaire générale a d’ailleurs évoqué un « petit chelem » plutôt qu’un grand. « Car la réforme statutaire n’est pas adoptée. Il reviendra donc à la direction de faire des propositions au CCN (Comité Confédéral National, NDLR) pour qu’on nous n’ayons plus à régler nos conflits devant les tribunaux », a-t-elle explicité.
Puis elle est revenue sur un épisode survenu la veille, dans la matinée, lorsque des militants de la Fédération Santé Action sociale ont interrompu les débats en envahissant la scène, réclamant notamment un temps de parole supérieur dans les échanges. « Certaines choses ne devraient jamais se passer dans un congrès, devant les médias, car un congrès n’est pas qu’une affaire interne. Quelle image renvoyons-nous quand nous envahissons la tribune ? »
Maintenant qu’elle a tenu son congrès, la CGT incline déjà vers les combats à venir. « Multiplions les luttes ! » a d’ailleurs lancé la dirigeante. Le 10 juin, les cheminots feront grève, le 11, la CGT se mobilisera en faveur de la nationalisation d’Arcelor, puis le 16 devant le Sénat contre la proposition d’extension du travail le 1er mai. Le 18 juin, elle soutiendra également la grève des journalistes, avant une semaine d’action en faveur des salaires à compter du 22 juin. Sophie Binet, elle, doit s’envoler pour Minneapolis, aux États-Unis, où elle interviendra à un sommet organisé autour des 2000 délégués de l’AFL-CIO, un syndicat américain représentant 15 millions de salariés. D’un congrès à l’autre.