« Sans recrutements, ce n'est tout simplement pas possible » : pourquoi les bibliothèques de Paris font grève le 7 mai
Les 68 bibliothèques de Paris sont appelées à la grève reconductible, les 7 et 9 mai, à l’initiative d’une intersyndicale. Les agents dénoncent une intensification du travail, une dégradation du dialogue social et des conditions d’accueil fragilisées, sur fond d’inquiétudes croissantes pour la sécurité et le pluralisme des collections.
Publié le 6 mai 2026
Les 68 bibliothèques de Paris sont appelées à la grève reconductible, les 7 et 9 mai, à l’initiative d’une intersyndicale. Les agents dénoncent une intensification du travail, une dégradation du dialogue social et des conditions d’accueil du public fragilisées, sur fond d’inquiétudes croissantes pour la sécurité et le pluralisme des collections.
Une intersyndicale (Supap-FSU-CGT-FO) appelle les 68 bibliothèques parisiennes à la grève reconductible les 7 et 9 mai, pour protester contre plusieurs mesures du plan « Lire à Paris 2025-2029 », document d’orientation stratégique adopté par le conseil municipal à l’été 2025. Les syndicats dénoncent des projets d’intensification du travail des 1 300 agents, sans promesse de moyens supplémentaires pour les assurer. Le plan prévoit par exemple d’étendre les horaires d’ouverture jusqu’à 19 h le samedi, et d’ouvrir au moins une médiathèque par arrondissement le dimanche, également jusqu’à 19 h. « Ça, ce n’est tout simplement pas possible sans recrutements, explique Aurélia Collot, du Supap-FSU. De plus, ça aurait un fort impact sur nos vies personnelles, déjà contraintes par le travail le week-end. Et ça ne correspond pas à un besoin social clairement identifié. »
La Ville prétend que cette extension « donnerait aux Parisiens une meilleure lisibilité [des horaires] et faciliterait leur venue dans les établissements ». Une proposition qui n’a rien d’évident aux yeux d’Aurélia Collot : « Ça ne permettra pas à un nouveau public, qui serait éloigné de la lecture, de venir. Cela arrangera plutôt les familles parisiennes aisées. Personne n’est exclu de la bibliothèque parce qu’on est fermé entre 18 h et 19 h les samedi et dimanche. » En outre, la municipalité n’évoque pour le moment ni recrutements ni primes particulières en contrepartie de cette augmentation du temps de travail. « Comment faire travailler des équipes déjà un peu pressurisées sans moyens supplémentaires ? En renforçant un management autoritaire. Depuis deux ans, on observe une dégradation du dialogue social et, en parallèle, un renforcement de l’autoritarisme, avec la mise en avant de valeurs telles que l’obéissance et la loyauté envers les chefs d’établissement. »
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