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« Notre seul axe, c'est de réagir et de porter nos revendications » : pourquoi les retraités prennent la rue le 2 avril

1 avril 2026 | Mise à jour le 1 avril 2026
Par | Photo(s) : Bapoushoo
« Notre seul axe, c'est de réagir et de porter nos revendications » : pourquoi les retraités prennent la rue le 2 avril

Manifestation de retraités, le 6 novembre 2025 à Paris.

À la veille d'une journée de mobilisation nationale des retraités, le 2 avril, Cathy Cau, secrétaire générale de l'Union confédérale des retraités CGT, livre à NVO.FR son analyse de la situation des ainés : entre baisses de pension, recul du droit au soin et inquiétude face aux perspectives politiques ouvertes par le dernier scrutin municipal, elle appelle à sortir de la résignation et à se mobiliser.

Quel message voulez-vous faire passer avec la journée d'action de ce jeudi 2 avril ?

Nous, les retraités, ne sommes pas satisfaits de cette loi de financement de la Sécurité sociale et du budget de l’État, parce qu'ils entérinent de nouveaux reculs pour les malades et les retraités en particulier. De plus, le gouvernement vient de décider d’augmenter au 1er mars les forfaits hospitalier et patient-urgence (généralement remboursés par les complémentaires santé, NDLR). Mais sur 17 millions de retraités, 1 600 000 ne disposent pas de complémentaires santé. Et 600 000 ne se soignent pas ou mal. 60 % des retraités ont une pension inférieure au SMIC, pour 27 % de ceux-ci elle est de moins de 1 000 euros mensuels. On ne peut pas continuer, nous, à subir, à être en permanence pénalisés. Ce qui est dramatique, c’est que le gouvernement pense que nous sommes des assistés parce qu’on ne contribue plus à l’économie du pays. Ce qui est faux, parce que nos finances vont bien dans l’économie locale.

Est-ce que les retraités sont inquiets, aujourd'hui et pour l'avenir ?

Ils sont inquiets et en même temps, ils sont en colère ! En voyant par exemple les budgets militaires qui eux, ne connaissent pas la crise, au contraire. C’est insupportable. Dans cette situation, ou bien on laisse nos camarades retraités tomber dans ce fatalisme qui favorise le repli sur soi, la résignation. Ou alors, effectivement, on relève la tête et on n’accepte pas. On se mobilise et on va à l’action. Parce que nous sommes convaincus que c’est le mouvement social qui pourra tout faire basculer.

C'est important de situer ce mouvement à la suite des élections municipales ?

Bien sûr. On a vu une poussée de l’extrême droite et de la droite lors de ce scrutin. Il y a des situations difficiles aussi dans les collectivités. Les politiques d’extrême droite ont pour objectif de fragiliser la solidarité. Ils attaquent aux associations, ils réduisent les budgets… Alors que les collectivités sont, normalement, le premier lieu de démocratie, pour l'accès aux services publics. Le résultat des scrutins nous ouvre de mauvaises perspectives. Par ailleurs, on sait que Bercy s’active en ce moment sous la pression de la Commission européenne qui cherche à imposer à la France la réduction de sa dette et des déficits publics. Ça n'annonce rien de bon, ni pour les retraités, ni pour les salariés. On ne peut pas rester immobile : notre seul axe c’est de réagir et de porter nos revendications.

Vous avez déposé une demande d'audience au Premier ministre, qu'en est-il et que lui direz-vous si vous le rencontrez ?

Il nous a renvoyé, au regard de son agenda, vers le ministre du Travail. Ça a mis beaucoup de temps, il a fallu le rappeler, lui réécrire, mais nous avons obtenu une réponse hier soir (le 31 mars, NDLR) : on nous propose une rencontre le 14 avril et nous allons l'accepter. On essaiera de lui faire entendre que les retraités participent à la société même s'ils ne sont plus en entreprise. On portera nos propositions : une revalorisation des pensions de base et complémentaire de 10 % immédiatement, un accès aux soins et un droit à la santé pour tous, le développement des services publics sur l’ensemble des territoires. Tout nous concerne, prenez par exemple l'éducation : on a des petits-enfants. Quand vous voyez que les retraités sont obligés, pour des raisons de difficultés financières de leurs enfants, des budgets étroits, de s’occuper des petits-enfants, de les prendre en charge, par manque de place en crèche. Arrivé à un certain âge, ce n’est plus possible.

Ces mobilisations seront aussi un temps fort avant le congrès de l'UCR à l'automne : quels en seront les enjeux ?

La ligne directrice sera : le syndicalisme retraité, un enjeu de société. Bien évidemment, on se posera la question de comment développer ce syndicalisme, mais aussi, la question du pourquoi. Parce que souvent, les retraités, quittent leur boîte et se disent : « J’en ai assez, j’ai assez donné. Je ne veux plus entendre parler d’entreprise. Je ne veux plus entendre parler de syndicalisme ». Sauf qu’ils ne mesurent pas encore, au départ, que les revendications ne s’arrêtent pas là. Certes, tu n’as plus l'employeur comme adversaire immédiat, mais tu as tout le reste : le gouvernement, les politiques gouvernementales et patronales continuent et t'affectent toujours toi et ton entourage. La question est simple, 17 millions de retraités en France : ou bien on les laisse aux appétits du marché, ou on s’en occupe, pour construire la société ensemble.

Découvrez la carte des mobilisations du 2 avril.