24 juillet 2026 | Mise à jour le 24 juillet 2026
Le tribunal administratif de Marseille a ordonné l’expulsion de l’Union locale CGT d’Arles de la Bourse du travail qu’elle occupe depuis 1900, confirmant le souhait du maire Patrick de Carolis. Une décision dénoncée par le syndicat, qui y voit une nouvelle attaque contre les libertés syndicales, alors qu’une mission gouvernementale est justement chargée de réfléchir à la sanctuarisation des locaux des représentants des travailleurs.
Après Carcassonne, c'est à Arles que la CGT pourrait être chassée de ses locaux. Le tribunal administratif de Marseille a ordonné l'expulsion de l'Union locale arlésienne de la Bourse du travail qu'elle occupe depuis 1900, après que le maire Horizons Patrick de Carolis n’a pas renouvelé la convention d'occupation en septembre 2023. L'édile souhaite utiliser le bâtiment pour installer l'office du tourisme en 2028.
La CGT refuse de quitter ses locaux et va faire appel de la décision du tribunal. « Depuis 1900, c’est une délibération municipale qui nous a donnés ces locaux, elle est toujours valable. Donc au vu de cette délibération, au vu du fait qu’une convention d’occupation est une possibilité et non une obligation, nous ne sommes pas des occupants sans droits ni titres comme [le maire, ndlr] l’affirme » a déclaré Nicolas Bourcy, secrétaire général de l'UL, lors d’une conférence de presse le 20 juillet. Le tribunal juge les locaux « irrégulièrement occupés ».
La mairie estime que le jugement rendu la dédouane de l’accusation d’atteinte aux libertés syndicales, et a proposé deux bureaux de 11m2 en solution de relogement. Une proposition insuffisante pour les syndicalistes qui depuis 126 ans reçoivent des travailleurs dans un espace de 400m2.
Sanctuariser les Bourses du travail
« Ce sont 60 Bourses du Travail et maisons de Syndicats qui aujourd'hui sont attaquées frontalement dans tout le pays et près d'un millier de militant·es » rappelle la confédération dans un communiqué publié ce vendredi 24 juillet, qui estime que la décision du tribunal « vient en contradiction avec le contexte national puisqu'une mission gouvernementale est actuellement engagée pour réfléchir à la sécurisation des locaux syndicaux et à la sanctuarisation des Bourses du Travail. » Cette mission intervient après que le maire RN de Carcassonne nouvellement élu, Christophe Tarbes, a résolu d’expulser la CGT, FSU et Solidaires de leurs locaux dans son fief.
La CGT a demandé un moratoire sur ce projet d’expulsion au moins pour la durée de la mission. À Arles, les élus du groupe d’opposition L’Union pour Arles estiment que la décision du tribunal « tranche un litige juridique entre la Ville d’Arles et l’Union locale CGT » mais « ne constitue pas une validation du choix politique de Patrick de Carolis » rapporte Objectif Gard, déplorant une situation dont, selon eux, « le dernier précédent remonte à la période du régime de Vichy, lorsque les organisations syndicales furent privées de leurs libertés et de leurs lieux d’expression. »