
Un nouveau congé de naissance : avancée sociale ou trompe-l’œil ?
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Ce mardi 7 juillet, l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) a publié son rapport annuel sur les perspectives de l'emploi. Ce document dresse un état des lieux du marché du travail dans les pays membres et met en lumière une situation préoccupante pour la France. Marquées notamment par une remontée du taux de chômage, les perspectives pour 2026 s’annoncent moroses.
Selon l’OCDE, la France devrait connaître une baisse de 0,1 % des salaires réels en 2026, signe que les revenus des salariés progresseront moins vite que le coût de la vie. Une légère amélioration de 0,3 % est attendue en 2027, mais elle restera limitée. L’organisation estime d’ailleurs que « le rattrapage des salaires réels donne des signes de ralentissement ». Cette situation s’explique par une hausse des prix plus rapide que celle des salaires, alimentée notamment par l’explosion des tarifs de l’énergie liée au contexte géopolitique au Moyen-Orient, qui fragilise le pouvoir d’achat de nombreux Français. Seul le Smic, indexé sur l’inflation, échappe à cette baisse du pouvoir d'achat.
La France est ainsi l’un des rares pays de l’OCDE où les salaires réels devraient encore diminuer. Toutefois, l’organisation rappelle qu’un tiers des pays membres n’ont toujours pas retrouvé leur niveau de salaires réels d’avant la crise inflationniste de 2021-2022, preuve que les effets de l’inflation persistent dans de nombreuses économies.
Pour l’organisation, « le chômage reste bas dans de nombreux pays de l’OCDE, mais s’inscrit en hausse dans la majorité d’entre eux ». La France figure parmi les pays où cette remontée est la plus marquée. En comparaison à 2025, il progresserait de 0,8 point, pour un taux de chômage s’établissant à 8,2% à la fin de l’année 2026, l’une des plus fortes hausses observées parmi les pays membres. Cette évolution s’explique par une croissance économique trop faible pour créer suffisamment d'emplois, poussant les entreprises à ralentir leurs recrutements, voire à supprimer des postes. Le rapport souligne également que cette hausse touche particulièrement les jeunes. « Le risque de chômage des jeunes diplômés augmente par rapport à celui des autres travailleurs », un phénomène observé avant même le développement massif de l’intelligence artificielle générative qui inquiète aussi le rapport.
Ces chiffres contrastent avec un taux d'emploi record de 69,4 % au premier trimestre 2026. Cette progression s’explique en grande partie par la réforme des retraites, qui incite les seniors à rester plus longtemps sur le marché du travail. Si davantage de personnes occupent un emploi, les créations de postes ralentissent, ce qui contribue paradoxalement à la remontée du chômage.
Le territoire français connaît également d’importantes inégalités liées à son marché du travail. Le rapport de l’OCDE précise que l’Île-de-France concentre près d’un tiers des emplois à haute valeur ajoutée, notamment dans la finance, le numérique, le conseil ou la recherche, tandis que certains territoires restent durablement touchés par le chômage. Les Pyrénées-Orientales affichent un taux de chômage de 16,8 %, contre 6,9 % dans le Cantal. Ces écarts se retrouvent aussi dans les revenus : le revenu disponible médian à Paris est 1,6 fois supérieur à celui de la Seine-Saint-Denis appuyant alors des disparités se renforçant et difficiles à effacer.

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