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MÉDIAS

« C’est une lutte des classes » : en Gironde, la colère sociale d'un habitant devant les incendies

28 juillet 2026 | Mise à jour le 28 juillet 2026
Par | Photo(s) : Capture d'écran BFM TV via X
« C’est une lutte des classes »  : en Gironde, la colère sociale d'un habitant devant les incendies

Le Porge fait parti des communes les plus touchées par l’incendie qui ravage la Gironde, 183 maisons ont été détruite par les flammes. Capture d'écran BFM TV via X

Au Porge, en Gironde, où près d’une maison sur cinq a été détruite par les flammes, la catastrophe laisse place à la colère. Des habitants accusent l’État d’avoir privilégié la protection du Cap Ferret au détriment de leur commune, une mise en cause contestée par les autorités.

Le Porge figure parmi les communes les plus durement frappées par l’incendie qui ravage la Gironde. Au total, 183 maisons ont été détruites par les flammes, soit près de 20 % du parc de logements de la commune.

Après les flammes, la colère. « Il fallait sauver les richards de la pointe », « on a eu l’impression d’être sacrifiés », « c’était un choix : on nous a laissés brûler ». Au Porge, ces mots reviennent de témoignage en témoignage. Ils accusent certains pouvoirs publics d’avoir privilégié la protection du Cap Ferret, réputé pour ses résidences secondaires et sa population aussi intermittente que fortunée. Pendant qu'eux défendaient leur village avec des tuyaux d’arrosage et à la force de leurs bras.

« C'était les portes de l'enfer »

Dans Mediapart, Pierre Haurouard, ancien conseiller municipal installé au Porge depuis dix-sept ans, raconte : « Tout d’un coup, à 1 heure du matin, après l’ordre d’évacuation, ils ont disparu sans explication. » Selon plusieurs habitants, au moment où le feu était le plus violent, ils se sont retrouvés pratiquement seuls face à l’incendie.

Sur BFM TV, la colère d’un habitant, évacué la veille de l'embrasement de sa commune, résume ce sentiment d’abandon : « Je pense que ce qu’ont vécu les habitants du Porge, c’était les portes de l’enfer. Le vendredi, ils ont vécu l’enfer et il n’y avait personne avec nous. Ils ont désobéi aux ordres et ils sont restés pour sauver le village, tout le patrimoine de familles de pauvres gens qui ont travaillé toute leur vie pour avoir une maison. Ce ne sont pas des résidences secondaires sur une presqu’île avec des stars. Ici, ce sont des gens qui travaillent, qui se lèvent à 5 heures du matin, qui triment toute la journée, qui gagnent le Smic. »

Pour cet habitant, cette différence de traitement relève d’une logique plus profonde : « De toute manière, ce n’est qu’une lutte des classes. C’est exactement ce qu’il s’est passé aujourd’hui. La décision qui a été prise ici, c’est exactement ça : une lutte des classes. »

Face à ces accusations, les autorités appellent à la prudence. En déplacement au Porge le 27 juillet, la préfète de la Gironde, Sophie Brocas, a déclaré : « Le temps de la polémique n’est pas arrivé. » Le maire de la commune, Martial Zaninetti, adopte la même ligne : « J’entends la colère et je la comprends, mais on n’est pas en mesure d’analyser ce qui s’est passé. »