« Abolitions et révolutions » : une journée pour se souvenir que l'égalité reste un combat
Exposé sur l'abolition de l'esclavage en Haïti, débat sur l'esclavage contemporain dans les pays du Sahel, sur les conséquences de la loi Immigration... La journée annuelle de commémoration de l'esclavage, intitulée « Abolitions et révolutions », organisée le 17 mai à la CGT a permis à chacun de se souvenir des combats d'hier pour mieux mener ceux d'aujourd'hui.
Publié le 21 mai 2024
Exposé sur l’abolition de l’esclavage en Haïti, débat sur l’esclavage contemporain dans les pays du Sahel, sur les conséquences de la loi Immigration… La journée annuelle de commémoration de l’esclavage, intitulée « Abolitions et révolutions », organisée le 17 mai à la CGT a permis à chacun de se souvenir des combats d’hier pour mieux mener ceux d’aujourd’hui.
On pourrait trouver certaines journées annuelles routinières et ronronnantes… L’embrasement de la Kanaky, dont le gouvernement français a décidé d’interrompre la dynamique de décolonisation, quelques jours en amont de cette journée du 17 mai consacrée à la commémoration de la traite et de l’esclavage, montre que cette préoccupation est plus que jamais d’actualité. « La CGT s’est toujours déclarée pour la libération des peuples, contre la colonisation et pour une décolonisation réussie, en permettant au processus de Nouméa d’aller jusqu’à son terme », rappelle Boris Plazzi, membre du bureau confédéral dans son introduction politique à l’après-midi d’exposés et de débats. « Le 1er mai, plus de 500 kanaks étaient dans le cortège CGT à Paris. Les CGT des pays d’outre-mer peuvent compter sur le soutien de la CGT », poursuit le syndicaliste.
L’esclavage est fini, mais l’asservissement, lui, continue
Dans l’auditoire, une majorité écrasante de travailleuses d’origine ultra-marine, africaine ou du Maghreb. La plupart sont syndiquées à la direction des affaires scolaires de la Ville de Paris, quelques un.e.s sont agents hospitalier ou aux finances publiques. « On est venues car c’est notre histoire, c’est ce qu’ont vécu nos parents », commente Roseline, d’origine guadeloupéenne. « Nous n’avons pas droit à ces congés car nous avons pris notre indépendance, bien que ce soit toujours la France qui pilote à distance », juge Mireille, d’origine béninoise. « Mais ce qu’on a de commun, c’est qu’on ressent toujours le racisme. On nous préférera toujours une responsable blanche plutôt que de nous faire évoluer. L’esclavage est fini, mais l’asservissement, lui, continue. Le meilleur moyen pour résister, c’est d’être unies entre nous pour faire front face à l’administration », poursuit-elle. Toutes et tous se retrouvent, à la fin de la journée, pour un repas fraternel, et une soirée au son du gwoka, une musique née des souffrances des esclaves sur les plantations guadeloupéennes.
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