30 000 personnes mobilisées : à Marseille, la mobilisation du 29 septembre fait le plein

Ce mercredi 29 septembre, l’intersyndicale pour la défense des services publics s’est transformée en première journée de mobilisation sociale interprofessionnelle à Marseille, accueillant les lycéens, menant une nouvelle journée de blocage, et des salariés du secteur privé, venus porter des revendications sur les salaires.

Par Jeanne Genêt
Par Jeanne Genêt
Publié le 29 septembre 2026
manif marseille
Environ 30 000 personnes ont manifesté à Marseille, selon les estimations de la CGT (3 800 selon la préfecture). Crédit : Jeanne Genêt

En quelques minutes, les lycéens marseillais déferlent sur la Canebière, ce mardi 29 septembre, drapeaux et mégaphones en main. Ils s’imposent en tête de cortège, grillant la priorité à la banderole de l’intersyndicale. Devant le commissariat de police de Noailles, le mot d’ordre s’élargit : « La jeunesse emmerde le Front national », « À bas l’État, bas l’État policier, à bas l’État policier… » « C’était prévu ? », demande-t-on en tête de cortège. Sourire. « Je ne suis pas sûr, mais bon, ils sont quand même les bienvenus. »

La priorité était donnée à l’union aujourd’hui, au sens le plus large du terme, derrière une intersyndicale au complet (CGT, FO, CFDT, Unsa, FSU, Solidaires, CFE-CGC, CFTC, FA-FP) pour la défense des trois pans de la fonction publique : d’État, hospitalière et territoriale. Mais le mot d’ordre s’est étoffé, et les rangs se sont grossis, avec en tout 30 000 manifestants à Marseille, selon les estimations de la CGT (3 800 selon la préfecture).

« On laisse les plus fragiles en échec »

À l’origine, la mobilisation a été actée en juillet dernier, en réponse à l’annonce du gel du point d’indice, pour la troisième année consécutive, par le ministre de l’Action et des Comptes publics, David Amiel. Une nouvelle désastreuse pour les fonctionnaires. Alors que le Smic, qui est indexé sur l’inflation, augmente, la hausse des salaires des fonctionnaires, elle, ne se fait qu’avec l’accord de l’État. Au 1er juin, on comptait 862 000 agents de la fonction publique avec une rémunération indiciaire sous le Smic. 

Dans la foule, Sandrine et Samira font entendre leur voix. Elles gagnent 1300 euros par mois, sans les primes. Elles sont accompagnantes des élèves en situation de handicap (AESH), « enfin aussi femmes de ménage le week-end » ou « animatrices périscolaires le matin et le soir », complète Sandrine. « On est des couteaux suisses, en somme. » « On est bien obligées, sourit Samira. Sinon, on n’arriverait pas à vivre. Mais même avec ça, on n’y arrive pas. » Depuis onze ans, elles tournent avec tous ces emplois. Malgré tout, la principale demande qu’elles affichent sur leurs pancartes ne les concerne pas personnellement : « On nous demande des miracles, mais donnez-nous des moyens. »

Même préoccupation du côté des profs, où on regrette surtout les effets de la casse du service public sur les élèves. « Au bout du compte, ce sont les jeunes en difficulté ou qui auraient besoin d’un accompagnement plus individualisé, pour des questions sociales ou de santé, qui sont le plus touchés », analyse Malvina, professeure de philosophie, drapeau de la CGT Éduc’action en main. « Et on laisse les plus fragiles en échec. » Si elle évoque la question des salaires des professeurs, elle déplore surtout le peu de moyens accordés à l’Éducation nationale, dont le budget sera rehaussé de 800 millions d’euros en 2027, contre 6 milliards pour celui de l’armée.

Un premier test réussi

La présence des lycéens prenait donc tout son sens ce 29 septembre au matin. Chauffeur d’ambiance de la manifestation, Alexis Gradassi, secrétaire national du mouvement national lycéen, faisait notamment état de « matériel qui ne marche pas », de « plafonds qui tombent sur les élèves » ou de « fuites dans les toilettes qui durent depuis longtemps ».

Quelques salariés du privé avaient également fait le déplacement. Depuis plusieurs semaines, la CGT a appelé à se mobiliser plus globalement, pour les salaires et de meilleures conditions de travail. Ainsi, entre les professeurs et les infirmiers et les inspecteurs des finances, on pouvait croiser des dockers ou des retraités.

Un premier appel comme un test réussi, avant d’autres mobilisations nationales ? L’objectif, en tout cas, est désormais connu : maintenir la pression à six mois de l’élection présidentielle.

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