Comment la CGT se positionne-t-elle face à la montée des colères exprimées, notamment, chez les lycéens ou dans le cadre de la mobilisation du 17 octobre ?
La CGT alerte depuis des mois sur la vie chère. Tout augmente, sauf les salaires, qu’il s’agisse de l’alimentation, du carburant ou du logement. Elle dénonce aussi l’état délétère des services publics, comme l’ont encore montré cet été les difficultés des pompiers et des personnels hospitaliers. Le 29 septembre, plus de 300 000 grévistes et manifestants se sont mobilisés dans le pays, y compris dans les petites villes. La colère s’étend désormais aux lycéens, confrontés à des locaux dégradés, au manque d’enseignants et à Parcoursup, qui amplifie la sélection sociale. Le 17 octobre, un mouvement initialement virtuel apparu sur les réseaux sociaux est devenu une énorme mobilisation réelle portée par les étudiants, les lycéens et les enseignants, ainsi que l’ensemble du salariat. La CGT soutient naturellement les manifestations partout où l’on peut porter nos revendications.
Pourquoi la CGT est-elle partie prenante du mouvement des lycéens, alors que ce n’est pas, a priori, son terrain ?
Parce que les revendications des jeunes rejoignent celles que porte la CGT. Quand les lycéens dénoncent le manque de moyens dans l’éducation, ils posent la question de l’avenir des services publics et du budget nécessaire au progrès social. Il faut davantage d’enseignants et mieux les rémunérer. La CGT accompagne le mouvement dans le respect de l’autonomie des organisations syndicales de jeunesse. L’Union étudiante, l’Unef, la Fage et l’Union syndicale lycéenne ont constitué une intersyndicale et élaboré une plateforme de « 10 mesures d’urgence pour la jeunesse », soutenue par une pétition qui a déjà recueilli plus de 100 000 signatures. Les mobilisations qui se sont déroulées les 6, 8 et 13 octobre derniers ont par ailleurs montré l’élargissement de la contestation, lorsque les enseignants ont décidé de prendre place aux côtés des jeunes.
Quelles convergences revendicatives sont possibles entre les jeunes, les salariés et les retraités ?
Les revendications convergent autour des salaires, de la vie chère et des services publics. La mobilisation des retraités du 14 octobre, qui concernait tous les salariés du privé, montre que la colère est intergénérationnelle, et la CGT cherche à construire une mobilisation qui le soit aussi, en rassemblant le public et le privé, les jeunes et les retraités. Le 5 novembre doit constituer une nouvelle étape avec une grande journée de grève interprofessionnelle autour des salaires, des services publics et de l’industrie. Cette dernière question a été ajoutée au mot d’ordre intersyndical, car elle est fondamentale pour l’avenir du pays et de ses emplois. L’enjeu est de transformer les colères en rapport de force collectif pour gagner sur nos revendications. Rien de mieux, en matière de solidarité, qu’une mobilisation qui rassemble toutes les générations et tous les secteurs professionnels.