Rencontre avec Kamadji Demba Karyom, syndicaliste tchadienne
Kamadji Demba, syndicaliste tchadien, était pour quelques jours en France pour alerter sur la situation dans son pays.
Publié le 6 mars 2018
Membre de l’Union des syndicats du Tchad et de la Fédération des syndicats du secteur public (FSPT), la plus importante centrale du pays, Kamadji Demba était pour quelques jours en France pour alerter sur la situation dans son pays. Rencontre.
Idriss DébyInstallé au pouvoir depuis décembre 1990, il ne doit sa longévité qu’à plusieurs interventions militaires françaises.
Nous vivons dans une dictature clanique et kleptocrate dans laquelle Déby a instauré un système de partage et de redistribution des richesses du pays dont lui et les siens sont les seuls bénéficiaires. L’administration publique est truffée de fonctionnaires fictifs voire décédés, les subventions affectés à l’éducation, de la santé sont détournées. Son grand frère a même ouvert une entreprise pour pouvoir collecter l’impôt et le reverser ensuite dans les comptes du Trésor public ! Ce n’est pas possible.
François TombalbayePremier président du Tchad après l’indépendance du pays, en 1960, il finira assassiné par les militaires en 1975.
Hissène HabréPrédécesseur de Déby, il a été condamné pour crimes contre l’humanité.
La France a toujours été là. Elle est intervenue pour protéger le pouvoir de Tombalbaye, pour soutenir Habré (3) et, aujourd’hui, elle apporte un soutien inconditionnel au dictateur Déby. Pas à cause de sa présence économique, les entreprises françaises sont peu nombreuses, ni des programmes de l’Agence française de développement sur place, qui consistent le plus souvent à rétribuer grassement des experts ou des conseillers français, certains d’une nullité caractérisée. La France met en avant les questions de sécurité liées à Boko Haram et à la position stratégique du Tchad, où est installé le campement de l’opération Barkhane. Elle peut ainsi étendre sa politique militaire au niveau du G5 Sahel et protéger ainsi ses intérêts dans la région. Elle n’a donc pas très envie de voir partir Déby.
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