Chroniques du coronavirus : les services funéraires, oubliés de la « première ligne »
Comment les salariés et les militants syndicaux s’adaptent à cette réalité ? Ceux qui travaillent de chez eux, ceux qui sont tenus de se présenter à leur poste… Chaque jour, la NVO vous raconte le quotidien des travailleurs à l’heure du Covid-19. Aujourd’hui : les pompes funèbres.
Publié le 7 avril 2020
Comment les salariés et les militants syndicaux s’adaptent à cette réalité ? Ceux qui travaillent de chez eux, ceux qui sont tenus de se présenter à leur poste…
Chaque jour, la NVO vous raconte le quotidien des travailleurs à l’heure du Covid-19. Aujourd’hui : les pompes funèbres.
Les chiffres ne cessent d’augmenter de jour en jour. Hospitalisations, mises en réanimation, décès. Et le pic ne serait pas encore arrivé. Annonçant un nombre bien plus élevé de morts à venir. Des morts auxquels ils sont les premiers confrontés, ou presque. Ils ? Ce sont les travailleurs des services funéraires, mis aujourd’hui à rude épreuve…
« Dans un premier temps, on nous a demandé de venir bosser sans équipements. On était réquisitionnables par le ministère public mais pas prioritaires pour les masques, ce qui était un peu difficile à comprendre, regrette Henri Lenepveu, représentant syndical au CSE d’OGF, le numéro 1 des services funéraires en France. Aujourd’hui, on est devenus prioritaires et, pour l’instant, les gars sont bien équipés. La difficulté, c’est qu’on ne fait pas de dépistage systématique en France, et donc, pour nous, tous les défunts sont susceptibles d’être infectés. »
Une évidence qui avait conduit le Haut Conseil de la santé publique à recommander aux personnels funéraires, le 18 février dernier, que les corps soient mis dans une housse non « ouverte » et « qu’il soit procédé sans délai à la fermeture définitive du cercueil ». Depuis le 24 mars, de nouvelles dispositions ont été requises par le Haut Conseil de la santé publique annulant les précédentes. Désormais, une toilette funéraire est autorisée, ce qi permet à la famille de voir le visage du défunt, en cercle très restreint et à distance raisonnable, avant la mise en bière. Avec le risque d’exposition possible au virus pour la famille, ou les salariés.
« Le Haut Conseil de la santé publique a donné un avis mais l’entreprise n’a pas changé sa façon de faire et préfère minimiser les risques, se félicite Pascal Patinot, délégué syndical CGT Funéraire Île-de-France et maître de cérémonie chez OGF. Dès que l’on sait que quelqu’un est décédé du Covid-19, on met la personne dans une housse et la mise en bière est immédiate. »
Les gens sont plutôt dans le “jus”. Ils sont en train faire le boulot. Je pense que c’est après qu’il y aura des dégâts.Pascal Patinot, délégué syndical CGT Funéraire Île-de-France
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