« Dans la police, ça ne peut pas exister », la CGT Intérieur dénonce les propos racistes tenus à Carcassonne

Révélé au public ce mardi 8 septembre mais dans les petits dossiers de la police depuis janvier 2026, l’enregistrement d’un policier municipal de Carcassonne, tenant des propos sexistes, racistes et complotistes alerte sur une police toujours plus proche de l’extreme droite.

Par Emil Dromery
Par Emil Dromery
Publié le 11 septembre 2026
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Photo d'illustration. Crédit : Frederic Dides / AFP

C’est le quotidien régional du Midi Libre qui a dévoilé ce mardi 8 septembre une série d’enregistrements effectués lors d’une patrouille de nuit de la police municipale de Carcassonne, dans l’Aude. Durant la dizaine de minutes enregistrées en novembre 2025 au sein de cette équipe de quatre agents, les insultes s’enchaînent, proférées principalement par l’un d’entre eux. Racisme, sexisme et théorie du complot : tout y passe.

Si un dossier avait été ouvert sur l’affaire dès le 1er janvier 2026, il aura donc fallu attendre ce début du mois de septembre pour que l’information soit révélée : un choc qui ébranle le débat public. Laurent Nunez, ministre de l’Intérieur, a déclaré ouvrir un « contrôle de la police municipale de Carcassonne par l’inspection générale de l’administration ». Les quatre policiers municipaux présents ce soir-là dans la voiture ont été suspendus.

Un policier au service du Rassemblement national

L’avocat du policier municipal ayant tenu les propos a dénoncé une « manipulation politique ». Il s’avère pourtant que le policier municipal incriminé est décrit par la presse locale comme proche du maire Rassemblement national de la ville, Christophe Barthes – l’enregistrement précède toutefois son élection à l’hôtel de ville -, était lui-même affilié au RN, et était membre de son service d’ordre : devant la polémique, le parti l’a exclu. Un schéma que fustige auprès de NVO.fr Anthony Caillé, secrétaire général de la CGT Intérieur Police : « Quand on est policier, on ne peut pas avoir la double casquette de s’occuper d’un service d’ordre dans un parti politique, ça me paraît pas être une très bonne idée ».

Les syndicats de policiers municipaux ont pris leurs distances. Dans un article de France 3, Fabien Golfier et Jean-Michel Weiss, secrétaires nationaux en charge de la police municipale à la FA-FPT, condamnent les faits rapportés. Le syndicat a tenu à préciser tout de même que « ce comportement ne reflète absolument pas celui des 29 000 policiers municipaux exerçant en France ». Pour la CGT Police, cette affaire ne peut toutefois pas être réduite au seul comportement d’un individu : « On peut toujours le ramener à un problème individuel, ça, c’est sûr. En tout cas, la certitude qu’on a, c’est que lui, il les a tenus, ces propos. Mais dans la police, ça ne peut pas exister, on a un devoir d’exemplarité, on est au service de la République et il faut répondre à sa devise » a ajouté Anthony Caillé.

Une nécessité de changement

Et au-delà de la question de cet agent, c’est aussi la manière dont l’institution policière réagit face à ce type de comportements qui interroge. Anthony Caillé estime que le problème ne se limite pas aux individus et pointe une forme de banalisation au sein de la police de propos dangereux. Il rappelle que les signalements de comportements ou propos racistes et homophobes au sein des forces de l’ordre sont de plus en plus nombreux (en 2024, l’IGPN a ouvert 43 enquêtes pour ce type de dossiers, soit le double de l’année précédente), sans que leur traitement ne suive nécessairement : « Aujourd’hui, si effectivement, dans l’institution policière, on reçoit de plus en plus la parole, ça ne veut pas dire qu’on traite de plus en plus le problème ».

Une situation qu’il attribue notamment à une véritable « culture » consistant à minimiser les faits chez la police, souvent présentés comme des « mauvaises blagues ». Pour le syndicaliste, la lutte contre ces comportements doit donc dépasser la seule sanction des agents mis en cause et s’inscrire dans un travail plus large de prévention, dès la formation policière et qui doit se poursuivre dans les commissariats.

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