Ni la chaleur de plomb ni l’air chargé de poussière n’ont réussi à entamer la bonne humeur qui a régné, du 11 au 13 septembre, sur la Base 217 de Brétigny-sur-Orge, dans l’Essonne, où se tenait la Fête de l’Humanité. Pas moins de 570 000 festivaliers sont venus assister à l’événement. Et, dans les allées bondées du site, au milieu de la musique et des rires, ils n’ont pas oublié la dimension politique de l’événement.
NVO est allé à la rencontre de certains de ces militants fêtards pour parler conquêtes sociales et revendications. La réduction du temps de travail est apparue comme l’une des avancées les plus désirées par nos interlocuteurs. « Les 32 heures, ça pourrait être vachement chouette, sourit Guewen, animateur. Ça permettrait à chacun d’avoir un emploi. »
Si le secrétaire national du Parti communiste (cofondateur et partenaire historique de la Fête de l’Huma), Fabien Roussel, a affirmé sur LCI que cette mesure de son propre programme n’était pas « la priorité », les festivaliers, eux, y voient de nombreux avantages. « Ça dégagerait du temps pour des activités sociales ou associatives, estime Clara, doctorante en informatique. Rien que trois heures de plus par semaine, ça dégagerait un temps fou. »
La question de la rémunération préoccupe aussi les festivaliers, qui plaident notamment pour la hausse des salaires des enseignants et des infirmiers, ainsi que pour la revalorisation des pensions de retraite.
« Il vaut mieux aller au conflit que de se faire manger »
Comme chaque année, les principaux représentants politiques des différents partis de gauche sont intervenus lors de meetings ou de débats. Mais, à quelques mois d’une élection présidentielle que le Rassemblement national pourrait remporter, cette Fête de l’Huma a pris des airs d’échauffement en vue d’une année politique qui s’annonce musclée. « J’alerte contre les dangers de l’extrême droite tous les jours, même auprès de personnes que ça n’intéresse pas, explique Jeanne, étudiante en psychologie. Je sais que je ne vais pas forcément faire changer les gens d’avis. Mais je me dis que c’est ce que je peux faire, à mon échelle. »
Plusieurs jeunes militants considèrent le dialogue et la lutte contre la désinformation comme les premiers moyens de combattre l’extrême droite au quotidien. « Il faut occuper tous les terrains, assure Mehdi, ingénieur en microbiologie. Je participe à un grand nombre de manifestations. J’essaie aussi de lutter auprès de mes collègues, de ma famille, pour contredire les arguments de l’extrême droite et de la droite extrêmisée. » Mais une festivalière retraitée, qui n’a pas souhaité communiquer son prénom, recommande une approche plus offensive : « Je pense qu’il faudrait répondre systématiquement, ou sortir en hurlant, quand on entend des remarques choquantes. On a tendance à être furieux, déstabilisés, et à ne pas répondre sur un ton agressif, alors que malheureusement, je pense qu’il n’y a que ça de possible. Il vaut mieux aller au conflit que de se faire manger. »
Loin de constituer un bloc homogène, la foule qui a peuplé pendant trois jours la Base 217 était portée par des énergies et des revendications différentes. Mais convergentes.