Conseil économique, social et environnemental : démocratie du troisième type
Considéré comme la « troisième assemblée de la République », le CESE (Conseil économique, social et environnemental) vient d’être réformé. Après son adoption en décembre par le Parlement, la loi a été validée par le Conseil constitutionnel le 14 janvier.
Publié le 5 mars 2021, modifié le 14 mai 2026
Considéré comme la « troisième assemblée de la République », le CESE (Conseil économique, social et environnemental) vient d’être réformé. Après son adoption en décembre par le Parlement, la loi a été validée par le Conseil constitutionnel le 14 janvier.
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Assemblée de la société civile organisée, le CESE rend des avis importants qui mériteraient d’être mieux pris en compte. Ayant préservé les grandes missions du Conseil, la réforme porte pour l’essentiel sur la participation de citoyens à ses travaux, comme « conseiller le gouvernement et le Parlement et participer à l’élaboration de la politique économique, sociale et environnementale », « favoriser, à travers sa composition, le dialogue entre les catégories socioprofessionnelles dont les préoccupations, différentes à l’origine, se rapprochent dans l’élaboration de propositions d’intérêt général », ou encore « contribuer à l’évaluation des politiques publiques à caractère économique, social et environnemental ».
Le projet du gouvernement était de transformer le CESE en « un carrefour des consultations publiques ». Le texte facilite la participation des citoyens qui pourront saisir le CESE par voie de pétition. Le droit de pétition est ouvert dès l’âge de 16 ans (contre 18 auparavant) et le nombre requis de signataires est abaissé à 150 000 (contre 500 000 auparavant). Le CESE pourra par ailleurs saisir une ou plusieurs instances consultatives auprès de collectivités territoriales, lesquelles seront parties prenantes, pour un temps donné, de certains travaux des commissions. Comme la Convention citoyenne pour le climat, des citoyens pourront être tirés au sort pour y participer.
« Les questions de participation citoyenne sont bien prévues par la réforme et ont été approuvées par le Conseil constitutionnel. On avait déjà travaillé avec des citoyens tirés au sort et nous avions trouvé cette expérience intéressante, et ces choses-là seront plus présentes dans le futur, avec une participation des citoyens à nos travaux. Mais qui ne prendra pas le pas sur nos travaux », expose Marie-Claire Cailletaud, présidente du groupe CGT au CESE.
« Continuer à travailler avec les structures syndicales et à représenter le monde du travail »
Avec la réforme, le nombre de membres siégeant au CESE passe de 233 à 175. En supprimant la nécessité des « personnalités qualifiées » désignées par le gouvernement, la composition se recentre sur la colonne vertébrale du CESE : organisations non gouvernementales, associations et syndicats. Le groupe CGT passe de dix-huit à treize conseillers : « Je pense que la colonne vertébrale du CESE est préservée même si nous déplorons la diminution du nombre de ses membres. On tient aux faits de ne pas devenir des experts, de pouvoir continuer à travailler avec notre organisation, avec les structures syndicales et de représenter le monde du travail », précise Marie-Claire Cailletaud, alors qu’avec moins de conseillers et un champ d’actions élargi, la présidente du groupe CGT craint, par manque de temps, de se retrouver dans un rôle d’expert déconnecté du terrain.
« On a beaucoup insisté sur le fait qu’on puisse continuer à travailler de manière prospective et sur le long terme en particulier en s’auto-saisissant des sujets, c’est-à-dire garder cette capacité d’auto-saisine, explique Marie-Claire Cailletaud. Et sur la nécessité d’avoir un travail sur le temps long. On aura aussi une mission d’éclairage sur la loi, qui va être intéressante, on va examiner les textes de loi qui seront promulgués par le gouvernement. Un rôle politiquement important pour la troisième assemblée de la République ».
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