Le 4 mars 2020, un arrêt de la Cour de cassation requalifiait le contrat commercial d’un chauffeur Uber en un contrat de travail. La Cour a en effet estimé que le chauffeur « qui a recours à l’application Uber ne se constitue pas sa propre clientèle, ne fixe pas librement ses tarifs et ne détermine pas les conditions d’exécution sa prestation. » Faire reconnaître le lien de subordination et le statut de salarié est en effet l’un des moyens juridiques qu’ont dû imaginer des travailleurs des plateformes numériques pour obtenir un minimum de droits. Est-ce la bonne ou la seule façon d’entraver la précarisation généralisée ? Florian Forestier, Franck Bonot, Odile Chagny et Mathias Dufour, chercheurs qui observent depuis plusieurs années l’évolution de l’économie des plateformes numériques, tentent de faire le point des bouleversements générés par ces nouvelles formes d’emploi, et de donner des pistes de réflexion pour un rééquilibrage des droits dans le nouveau paysage qu’imposent ces acteurs du numérique.
« Désubériser, reprendre le contrôle » : pour en finir avec le dumping social
Avec la subordination algorithmique, les plateformes numériques créent un nouveau paradigme d’aliénation et de dumping social. Les auteurs analysent ces bouleversements et explorent des alternatives.
Publié le 7 août 2020, modifié le 14 mai 2026
Le modèle Uber est emblématique du retour au travail à la tâche, mais il n’est qu’un parmi les plateformes numériques qui exploitent les failles des modèles sociaux traditionnels avec de nouvelles formes d’emplois et la dépendance algorithmique. Pour reprendre la main, de nouveaux modèles sont à inventer.
Le 4 mars 2020, un arrêt de la Cour de cassation requalifiait le contrat commercial d’un chauffeur Uber en un contrat de travail. La Cour a en effet estimé que le chauffeur « qui a recours à l’application Uber ne se constitue pas sa propre clientèle, ne fixe pas librement ses tarifs et ne détermine pas les conditions d’exécution sa prestation. » Faire reconnaître le lien de subordination et le statut de salarié est en effet l’un des moyens juridiques qu’ont dû imaginer des travailleurs des plateformes numériques pour obtenir un minimum de droits. Est-ce la bonne ou la seule façon d’entraver la précarisation généralisée ? Florian Forestier, Franck Bonot, Odile Chagny et Mathias Dufour, chercheurs qui observent depuis plusieurs années l’évolution de l’économie des plateformes numériques, tentent de faire le point des bouleversements générés par ces nouvelles formes d’emploi, et de donner des pistes de réflexion pour un rééquilibrage des droits dans le nouveau paysage qu’imposent ces acteurs du numérique.
« Désubériser, reprendre le contrôle »
de Florian Forestier, Franck Bonot, Odile Chagny et Mathias Dufour,
Éditions du Faubourg, Essais Avril 2020
12,90 €, 125 pages
Dossier
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