Espagne, Allemagne... Ces pays qui font davantage que la France face à la flambée du prix du carburant

Si toute l’Europe subit la hausse des prix du pétrole ces derniers mois, déclenchée par la situation géopolitique au Moyen-Orient, les postures des pays diffèrent quand il s’agit de soulager leurs citoyens. Quand la France refuse catégoriquement d’envisager une réduction de taxe sur le carburant, certains de ses voisins s'activent.

Par Elias Amarouche
Par Elias Amarouche
Publié le 22 septembre 2026
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Des prix affichés dans une station-service en France lors de la seconde quinzaine de septembre 2026. Crédit : Kenzo Tribouillard / AFP

Si mettre de l’essence n’a jamais été un plaisir, c’est aujourd’hui devenu une épreuve. Pistolet de distribution en main, le montant s’envole sur le volucompteur. On a l’impression qu’il n’arrêtera jamais d’augmenter. Ce dimanche 20 septembre, le gazole coûtait près de 2,41 euros en moyenne en France, selon une analyse réalisée par l’Agence France Presse à partir de données publiques. Un niveau auquel il se maintient depuis, tandis que certaines stations frôlent les 3 euros du litre. La moyenne pour l’essence SP95-E10 était de 2,17 euros le litre.

Face à des montants plus élevés que jamais, la position du gouvernement Lecornu est claire. « Ce qu’il n’y aura pas, c’est une baisse de taxe généralisée », a affirmé Roland Lescure, ministre de l’Économie, lundi 21 septembre sur France Inter. À la place, une prolongation des aides ciblées censées soulager les Français les plus touchés par ces hausses. Sont notamment concernés les pêcheurs, agriculteurs, et grands rouleurs – les usagers parcourant au moins 15 km par trajet entre leur domicile et leur lieu de travail, ou au moins 8 000 kilomètres par an dans le cadre de leur activité professionnelle. Pour les autres, rien de nouveau sous le soleil. Une réaction inconsistante face à une crise affectant toute l’Europe. Mais si certains pays, comme le nôtre, traînent la patte, d’autres se mobilisent pour soulager leurs citoyens.

L’exemple de l’effort espagnol

En Espagne, le prix moyen du gazole est d’environ 1,93 euros par litre, celui de l’essence se situe aux alentours de 1,91 euros le mardi 22 septembre. Des tarifs nettement inférieurs aux moyennes françaises. Résultat d’un volontarisme engagé dès le printemps dernier, marquée notamment par la chute de la TVA à 10%. Après plus de deux mois de diminution, la TVA sur le carburant a toutefois retrouvé son taux initial de 21% le 1er juillet. À noter également, une dégressivité introduite en juillet 2026 sur la taxe sur l’hydrocarbure, qui prendra fin en octobre.

Malgré la levée progressive des mesures d’allègement, les prix appliqués en Espagne demeurent attractifs, et ce grâce à une fiscalité permanente plus avantageuse qu’ailleurs. En France, l’accise sur les carburants, une taxe indirecte perçue sur les produits énergétiques, s’élève à 61 centimes par litre pour le gazole et à 69 centimes par litre pour l’essence. L’équivalent espagnol de cette taxe coûte moins de 38 centimes par litre de gazole, et avoisine les 47 centimes par litre d’essence.

Tensions en Belgique

Côté allemand, ça commence à bouger. Une bonne nouvelle au vu des tarifs à la pompe, parmi les plus élevés d’Europe avec environ 2,3 euros pour l’essence, et 2,5 euros pour le gazole. Dans un climat politique marqué par les récentes percées électorales du parti d’extrême-droite Afd, le gouvernement a annoncé, vendredi 18 septembre, une baisse de la taxe sur le carburant à partir du 1er octobre. En prenant en compte la TVA, cette mesure permettra un allègement de 17 centimes par litre. Le gouvernement de Friedrich Merz avait déjà instauré une mesure similaire en mai-juin.

En Italie, les prix affichés ce mardi 22 septembre se situent autour de 2,09 euros par litre de diesel, et de 1,99 euros pour l’essence. De son côté, Rome enchaîne les mesures d’allègement. La plus récente, une prolongation de la réduction des droits d’accise pour le gazole, passant à 12,2 centimes jusqu’au 25 septembre, puis à 6,1 centimes jusqu’au 5 octobre. Pour la suite, un chèque essence de 150 euros devrait être mis en place pour les ménages modestes à partir d’octobre selon RFI.

En Belgique, la réponse gouvernementale se fait également attendre. Ce mardi 22 septembre, le gazole coûte 2,5 euros à la pompe. Du jamais vu. Côté majorité, le Mouvement réformateur pousse pour la mise en place du cliquet inversé, un mécanisme qui permettrait une baisse automatique des accises dès qu’un seuil de prix est franchi. Outre les réprobations politiques, la colère populaire émerge face à ces records tarifaires. Des appels au blocage des raffineries de Wandre et de Feluy, ont même résonné en Belgique. Une initiative faisant écho aux récentes actions menées par des pêcheurs dans des dépôts pétroliers et raffineries à Fos-sur-Mer, dans les Bouches-du-Rhône, et Frontignan, dans l’Hérault.

Ainsi, les mobilisations prennent de l’ampleur en Europe, tandis qu’en France, s’annonce un automne à haute teneur sociale autour notamment de la question des salaires, avec la journée du 29 septembre, et que les réseaux sociaux bruissent d’appels à une réédition du mouvement des gilets jaunes pour le 17 octobre prochain.

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