L’avenir de la centrale de Cordemais de nouveau en suspens
Cordemais, l’une des deux dernières centrales à charbon en France, veut carburer au vert. Le 17 avril, près de 500 élus et militants sont venus défendre le projet Ecocombust 2, suspendu à la décision d’EDF.
Publié le 18 avril 2024, modifié le 9 juin 2026
Cordemais, l’une des deux dernières centrales à charbon en France, veut carburer au vert. Le 17 avril, près de 500 élus et militants sont venus défendre le projet Ecocombust 2, suspendu à la décision d’EDF.
À l’appel de la CGT, élus locaux, parlementaires et syndicalistes se sont rassemblés mercredi 17 avril à la centrale thermique de Cordemais en Loire-Atlantique. C’est l’une des deux dernières usines en France à carburer au charbon. Les militants rejoints par Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT, défendent le projet de décarbonation de la centrale, Ecocombust 2, qui, en plus de verdir le site, permettrait de préserver les 370 emplois.
En septembre 2023, le président s’est engagé en faveur de cette conversion ; en février, les services de l’État ont validé le projet. Pourtant EDF, détenu à 100 % par l’État, suspend sa décision à l’été, au prétexte de vérifier la rentabilité économique du projet. Les militants lui reprochent de vouloir le « torpiller » en gonflant le business plan. Les prix pointés par EDF « sont des données d’entrée. Comme tout partenaire financier, Paprec devrait négocier », fustige Fabien Deschamps, délégué syndical CGT de la centrale. « Produire de l’électricité avec des pellets de bois, c’est 200 millions d’euros d’investissements », rappelle aussi Sophie Binet qui confronte cette somme aux « 170 milliards d’aides publiques consentis chaque année aux entreprises sans condition ».
« Il faut arrêter de jouer avec nos nerfs »
Après des années « d’ascenseur émotionnel » pour les salariés et malgré les mauvaises ondes du moment, beaucoup de voyants sont au vert. Le projet a le soutien de la Région et de l’État qui ont annoncé 85 millions d’euros de subventions, et le maire de Cordemais, Daniel Guillé, a signé le permis de construire d’une unité de production de 160 000 tonnes de pellets. Prochaine étape, le 6 mai, date à laquelle « nous rencontrerons de nouveau, Luc Rémont, PDG de EDF », a informé Fabien Deschamps. Sophie Binet a aussi appris que le ministre de l’Économie, Bruno Lemaire, a accepté de mettre rapidement tout le monde autour de la table : « La CGT, les industriels, dont EDF, l’État et les élus locaux. » Car après huit ans de lutte, « il faut arrêter de jouer avec nos nerfs », s’impatientent les salariés.
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