Elle rêvait de jouer du violoncelle. Devenue violon solo à l’orchestre de l’Opéra de Nice, la musicienne de 34 ans milite au sein de la CGT pour l’amélioration des conditions de travail et la revalorisation de salaires parmi les plus faibles en France.
À l’âge où la plupart des gens passent le bac, Violaine Darmon avait achevé ses études supérieures. C’est en voyant à la télévision la violoncelliste Jacqueline Dupré dans le Concerto d’Elgar, qu’enfant elle a eu envie de faire de la musique. « Mes parents m’ont donc inscrite au conservatoire. Sauf qu’à la veille de commencer, j’ai changé d’avis. Je trouvais l’instrument trop gros, trop grave. » La fillette jette son dévolu sur le violon. Ses progrès rapides l’amènent à quitter Nancy pour intégrer, à 14 ans, le prestigieux CNSM de Paris, le Conservatoire national supérieur de musique et de danse. Elle en sort diplômée cinq ans plus tard, remporte plusieurs concours internationaux, se perfectionne auprès du violoniste ukrainien Pavel Vernikov.
Passionnée de théâtre et de littérature, elle publie à la même époque un roman qui sera primé. Son premier enfant à peine né, elle ne se voit pas courir le monde. « J’aspirais à une vie plus stable, et intégrer un orchestre offre cette possibilité. » Elle se présente au concours de recrutement de l’orchestre de l’Opéra de Nice.
« C’est énormément de travail, car il y a beaucoup de candidats pour un seul poste. »Le jour J, elle interprète un concerto de Paganini, virtuose en diable. « L’ayant joué peu de temps auparavant, je l’avais encore dans les doigts », explique Violaine. Son audition réussie, elle devient, un an plus tard – là encore après un concours –, violon solo. Son rôle : donner le la à l’orchestre ; traduire pour les premiers et seconds violons les instructions du chef ; définir les coups d’archet ; se coordonner avec les autres chefs de pupitre… Et aussi participer aux concours de recrutement, gérer les absences, les besoins au sein de l’effectif, parfois les conflits.« À la base, la musique est notre passion. Mais la réalité du métier est souvent éloignée de ce pour quoi on a été formé : trouver sa personnalité, travailler à une version unique de chaque œuvre. Au final, on exerce dans un cadre collectif où tout le monde doit jouer de la même façon, avec un chef dont on ne partage pas forcément la vision sur le plan esthétique et musical. Il faut parfois étouffer son propre ressenti, ça peut être frustrant. »
Violaine Darmon, violoniste : « Un musicien est comme un sportif de haut niveau »
Elle rêvait de jouer du violoncelle. Devenue violon solo à l’orchestre de l’Opéra de Nice, la musicienne de 34 ans milite au sein de la CGT pour l’amélioration des conditions de travail et la revalorisation de salaires parmi les plus faibles en France.
Publié le 24 mars 2026
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