« Ils sont notre avenir » : à Paris, Nantes, Toulon… partout, la solidarité syndicale avec les lycéens

Ce mardi 6 octobre, la CGT se tiendra aux côtés des lycéens et des étudiants, mobilisés depuis plusieurs semaines pour demander de meilleures conditions d'études. Si cette journée marque un temps fort à suivre, les travailleurs et militants syndicaux soutiennent le mouvement depuis ses débuts.

Par Elias Amarouche
Par Elias Amarouche
Publié le 6 octobre 2026
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Des lycéens devant le lycéen parisien Charles-Péguy le 6 octobre 20267. Crédit : SIMON WOHLFAHRT / AFP

Dans un communiqué publié dimanche 4 octobre, la CGT a annoncé se mobiliser aux côtés des lycéens et des étudiants lors d’une grande journée de manifestation, ce mardi 6 octobre. Manque d’enseignants et de personnels, classes surchargées, établissements vétustes, opacité de la plate-forme Parcoursup… Les raisons de protester sont nombreuses pour les lycéens, qui manifestent depuis mi-septembre dans toute la France. Depuis le blocage du lycée Saint-Exupéry, à Créteil (Val-de-Marne), le 17 septembre, la mobilisation a pris de l’ampleur pour concerner, lundi 5 octobre, plus de 400 établissements. Le mouvement a par ailleurs été rejoint par les étudiants.

Si l’appel lancé par la CGT concerne la journée du mardi 6 octobre, travailleurs et militants syndicalistes ont déjà montré leur soutien aux mobilisations de ces dernières semaines. À Toulon, Paris ou encore Saint-Denis, la CGT s’est tenue de nombreuses fois aux côtés des élèves lors du blocage de leur établissement.

Faire écran face à la répression

Jeudi 1er octobre, au Havre, des travailleurs et militants syndicalistes ont prêté main-forte aux élèves du lycée François-Ier en formant une chaîne humaine pour les protéger de la répression policière. Présente ce jour-là, Sandrine Gérard, secrétaire générale de l’union locale CGT du Havre, raconte : « On a été informé qu’un mouvement lycéen se mettait en place, avec un certain nombre de revendications tout à fait légitimes. Dans un premier temps, on y est allé pour discuter avec eux, et on s’est très vite rendu compte que la présence policière commençait à être vraiment importante. On a donc décidé de leur apporter tout notre soutien et, surtout, de la sécurité. »

Pour Sandrine Gérard, la couverture médiatique accordée au mouvement lycéen est trompeuse, malgré des revendications légitimes. « À la télévision et dans certains médias, on ne nous montre que les émeutes, on ne tient pas du tout compte du mouvement lui-même et des revendications qui sont portées, déplore la syndicaliste. On les a listées et, forcément, on a fait le lien avec celles des salariés, des retraités… On retrouve des préoccupations très similaires dans le monde du travail actuel, c’est-à-dire un gros manque de moyens, des conditions de travail de plus en plus dégradées… » La secrétaire générale de l’union locale CGT du Havre fait également le lien avec la précarité étudiante : « Le pouvoir d’achat est une problématique qui nous concerne tous, parce que tout devient exorbitant au quotidien. Mais, pour eux, c’est encore plus compliqué. Et surtout, ils sont notre avenir ! »

Rien d’étonnant, donc, à cet appel national lancé par la CGT pour soutenir le mouvement lycéen. « On a décidé de ne pas attendre et d’appeler à la grève le 6 octobre pour soutenir les étudiants et les lycéens. Malgré l’arrêté préfectoral qui interdit les rassemblements non déclarés au Havre, et que nous dénonçons, nous seront présents, autorisation ou pas, auprès des jeunes », expose Sandrine Gérard.

Des chaînes humaines pour protéger les plus jeunes

Comme au Havre, les gestes de solidarité se répètent dans tout le pays dans un contexte de brutalité policière particulièrement important, avec la présence quasi systématique de militants syndicaux lors de blocages d’établissements scolaires. Dans le Var, par exemple, les militants syndicaux de l’UD CGT ont prévu d’assurer la sécurité des jeunes manifestants pour la journée du 6 octobre, notamment aux abords des lycées Bonaparte, à Toulon, et Jean-Moulin, à Draguignan. Interrogée par le quotidien régional la Marseillaise, Anaïs Pascual, membre de l’UD CGT 83, explique : « Notre but, vraiment, c’est d’être leur service d’ordre et de faire en sorte que tout se passe bien. »

À Paris, les élèves du lycée Hélène-Boucher, dans le XXe arrondissement, ont également bénéficié du soutien de syndicalistes présents sur place. Une chaîne humaine composée de militants, de parents d’élèves et de personnels éducatifs s’est formée, en cours de matinée ce mardi 6 octobre, pour tenter de protéger la manifestation lycéenne en place, avant d’être brisée par les forces de l’ordre. Un procédé de protection qu’on a également vu mis en place à Nantes, où la manifestation avait lieu en plein cœur du centre-ville, près du château des ducs de Bretagne, et où la foule a reçu des gaz lacrymogènes.

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