La mobilisation se poursuit pour obtenir le retrait

En dépit des annonces d’Édouard Philippe samedi 11 janvier, la mobilisation contre la réforme des retraites continue. De nombreuses questions restent en effet toujours en suspens.

Par Rédaction NVO
Par Rédaction NVO
Publié le 14 janvier 2020
NVO, la Nouvelle Vie Ouvrière, le journal de l’actualité sociale, syndicale et juridique des militants de la CGT
Manifestation contre la réforme des retraites, Paris 11 janvier 2019 Bapoushoo
Les annonces d’Édouard Philippe samedi 11 janvier ont fait « pschitt ». La mobilisation contre la réforme des retraites continue de plus belle. De nombreuses questions restent en effet toujours en suspens.
Les annonces faites par le Premier ministre Édouard Philippe samedi 11 janvier n’ont manifestement pas été à la hauteur des attentes. Elles ont été ressenties comme un piège, un camouflet dès samedi après-midi dans les cortèges, puis dans les assemblées générales dans les entreprises. Le retrait, provisoire pour l’instant, du fameux « âge pivot » n’a ni surpris, ni rassuré, tant il était évident depuis des jours que le gouvernement cherchait un compromis avec les syndicats dits « réformistes », notamment la CFDT pour diviser les syndicats et faire basculer une opinion publique qui désapprouve encore largement la réforme, soutient les mobilisations en dépit des gênes occasionnées par les grèves. Les Français ont bien compris qu’avec le système à points, tout le monde va devoir travailler plus et que donc cette question d’âge pivot est un faux débat. En agitant ce chiffon rouge de l’âge pivot, le gouvernement occulte les vraies questions que pose cette réforme : la pénibilité au travail, le financement de la retraite par un autre partage des richesses…

Plus de cent manifestations annoncées le 14 janvier

Autant de questions toujours sans réponse qui manifestement motivent les troupes. « On n’a plus de 100 manifs annoncées sur toute la France ce mardi 14 janvier et des initiatives sont prévues pour les 15 et 16 », recense Thierry Pettavino, conseiller confédéral CGT à la coordination des luttes. Des rassemblements, manifestations, distributions de tracts sur les marchés, bien sûr, mais encore, et entre autres, une retraite aux flambeaux intersyndicale à Évry, dans l’Essonne, une « cérémonie d’enterrement » des retraites, à Lyon, le blocage de la centrale hydroélectrique d’Ottmarsheim, dans le Haut-Rhin, ou celui des Finances publiques à Carcassonne, dans l’Aude, l’irruption d’une délégation intersyndicale dans l’audience de rentrée d’un conseil des prudhommes à Thouars, dans les Deux-Sèvres, ou lors des cérémonies de vœux dans diverses mairies et préfectures, sans oublier des concerts de soutien aux cheminots en grève à Paris… l’opposition à la réforme reste largement partagée, et soutenue. « Non seulement le mouvement continue, mais il y a des secteurs qui s’interrogent », renchérit Thierry Pettavino. Il en veut pour preuve celui des raffineries, qu’il va désormais falloir « regarder de près si aucun produit n’entre ou ne sort », ou des activités portuaires, qui ont reconduit « une grève de 72 heures pour cette semaine ». Et le conseiller confédéral CGT à la coordination des luttes de prévenir : « Loin d’être fini, le mouvement est en train de monter en puissance ».
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