« 1 cheminot sur 2 en grève » : à la SNCF, un mouvement unitaire pour dénoncer la souffrance au travail
Devant la gare de l’Est, les enceintes installées sur les camions syndicaux diffusent de la musique face à près de 200 cheminots rassemblés à l’appel de la CGT, de la CFDT, de l’Unsa et de SUD Rail pour cette journée de grève unitaire et nationale à la SNCF.
Publié le 10 juin 2026
Réunis devant la gare du Nord à Paris, près de 200 cheminots ont répondu à l’appel de l’intersyndicale CGT, CFDT, Unsa et SUD Rail. Ils dénoncent l’effet délétère des réorganisations liées à l’ouverture à la concurrence, la dégradation des conditions de travail et la multiplication des drames humains au sein de l’entreprise. Les syndicats réclament d’être reçus rapidement par la direction de la SNCF.
Devant la gare du Nord, les enceintes installées sur les camions syndicaux diffusent de la musique face à près de 200 cheminots rassemblés à l’appel de la CGT, de la CFDT, de l’Unsa et de SUD Rail pour cette journée de grève unitaire et nationale à la SNCF. « Aujourd’hui, en Île-de-France comme partout dans le pays, la mobilisation des salariés du monde ferroviaire s’annonce forte », lance au micro, face à la foule, Amélie Nobrega, secrétaire du secteur CGT Paris-Nord.
« Près d’un cheminot sur deux est en grève en France », affirme Thierry Nier, secrétaire général de la CGT Cheminots, premier syndicat de l’entreprise ferroviaire. Il poursuit : « Entre 80 et 90 % de grévistes chez les contrôleurs et les conducteurs, 90 % dans certaines filiales, avec de nombreux piquets de grève un peu partout en France ». Il salue encore « une implication très forte des cheminots », malgré une tentative de la direction de « tout organiser » pour assurer le départ d’un maximum de trains avec des personnels non grévistes, dans le seul objectif « d’effacer l’unité des cheminots qui s’exprime », estime-t-il.
Les cheminots sont en grève pour s’opposer aux réorganisations en cours et réclamer l’état d’urgence face à la multiplication des drames. Ils demandent également l’ouverture de véritables négociations salariales au niveau du groupe SNCF pour faire face au contexte inflationniste.
Avec la réorganisation et l’ouverture à la concurrence de la SNCF, « nos conditions de travail se dégradent. La direction s’organise pour faire partir tous les salariés au statut (NDLR : le cadre permanent de la SNCF, soit le statut de cheminot), afin que cela coûte moins cher quand les filiales les récupèrent ensuite », affirme Maria Azoulay, agente commerciale sur la ligne B depuis douze ans et syndiquée à la CGT. Elle entraîne aussi « une réelle souffrance », estime-t-elle. « Un agent commercial a aujourd’hui huit missions, avant, il en avait deux. Tout ça grâce à la polyvalence. Ce n’est pas sans conséquence sur nos conditions de travail de devoir toujours faire plus avec moins. »
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