« Au Congo-Kinshasa, la grève est considérée comme un soulèvement »
Deuxième volet de notre série consacré à la République démocratique du Congo. Depuis le 8 mars dernier, une délégation de syndicalistes est reçue par la CGT.
Publié le 14 mars 2018
Deuxième volet de notre série consacré à la République démocratique du Congo. Depuis le 8 mars dernier, une délégation de syndicalistes est reçue par la CGT. Une première pour ces Congolais qui peuvent ainsi partager leurs expériences sur le terrain. Rencontre avec Guy Kuku, président de la Confédération démocratique du travail, et Jacques Kinyamba, secrétaire général de Solidarité ouvrière et paysanne.
Devant le refus de Kabila de céder le pouvoir au terme d’un second mandat, limite constitutionnelle, en décembre 2016 et les manifestations qui s’ensuivirent, un gouvernement de coalition majorité/opposition a été formé. En attendant des élections annoncées pour décembre 2018
G.K. La première, c’est le Smic. Nous l’avons négocié en septembre et octobre derniers et il devait entrer en application en janvier. Malheureusement, le gouvernement ne l’a pas encore acté. Le premier ministre a demandé un sursis en raison du contexte politique, et nous attendons. Le deuxième point concerne la protection sociale. Notre système est obsolète. Sa gestion est confiée non pas à des travailleurs ni à des employeurs, mais à des politiques, et c’est une catastrophe. Le troisième aspect, très préoccupant, est celui des élections politiques. Le président de la République est à la fin de son dernier mandat constitutionnel et, cette année, il doit y avoir des élections à tous les niveaux, présidentiel, législatif et local.
Jacques Kinyamba. Nous avons également un problème de non-paiement des salaires. Dans presque 80 % des entreprises, les travailleurs ne sont pas payés et, quand ils le sont, cela ne leur permet pas de vivre. Les mandataires nommés par le gouvernement à la tête des entreprises publiques, dont la mauvaise gestion est caractérisée, restent impunis. Ils ponctionnent l’argent produit par les travailleurs pour les utiliser à des fins politiciennes. Il y a aussi des licenciements massifs ou la révocation de ceux qui revendiquent.
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