« Très difficile à gérer » : à Paris, l'intersyndicale dénonce le tracé retenu pour l'acte III de la mobilisation sociale

Le Conseil d'Etat a finalement retoqué le parcours parisien voulu par l'intersyndicale, de Bastille à Nation, et du même coup la décision du tribunal administratif pour un improbable circuit entre Porte de Bagnolet et Porte de Charenton. La CGT a déjà prévenu de la dangerosité du tracé retenu.

Par Nathalie Carmeni
Par Nathalie Carmeni
Publié le 31 octobre 2026
FRANCE-SOCIAL-DEMO
Cortège parisien du 24 octobre 2026. Crédit : Aris Meissinis / AFP

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Après le 17 octobre, acte I des manifestations « contre la vie chère » réunissant les étudiants et les gilets jaunes, le président Macron avait prescrit aux préfets « d’interdire toute manifestation partout ou cela serait nécessaire ». Cette première tentative d’entraver le droit constitutionnel de manifester ayant lamentablement échoué à essouffler la mobilisation acte II du 24 octobre (qui a rassemblé 800 000 participants dans les principales villes de France), une nouvelle ruse a été dégoupillée par la préfecture de police de Paris : interdire le parcours Bastille-Nation qui avait été retenu par les organisateurs de l’intersyndicale francilienne (Fage, Unef, Union Etudiante, FO-CGT-FSU-Solidaires Île de France) déposé en préfecture jeudi 29 octobre, contre un improbable circuit Porte de Bagnolet-Porte de Charenton. « Nous refusons de retomber dans le piège tendu par la préfecture lors de la manifestation du 24 Octobre, consistant à prendre un arrêté d’interdiction bien trop tard pour nous puissions le contester devant le tribunal administratif », avait expliqué Karl Gazi, porte-parole de l’intersyndicale. Saisi vendredi 28 octobre à 11h, pour trancher la question, le tribunal administratif avait d’abord donné raison à l’intersyndicale, en fin de journée, et autorisé le parcours Bastille-Nation. É

Mais, hélas, au terme d’un nouveau feuilleton juridico-administratif, le Conseil d’Etat a annulé samedi 31 octobre la décision du tribunal administratif de Paris. Le parcours validé pour cette journée est donc celui proposé par la préfecture, de la porte de Bagnolet à celle de Charenton, en périphérie de la capitale. La CGT, comme l’intersyndicale jeunesse, ont appelé à rejoindre le seul cortège autorisé.

Protéger les centres-villes en exposant les manifestant au danger

Avant même cette sentence définitive, l’intersyndicale avait dit voir dans ces menées des autorités non seulement une énième atteinte grave au droit de manifester, mais aussi une mise en danger des manifestants. « Ce trajet, qui longe le périphérique débouche sur de grandes artères avec des entrées-sorties de périphérique qui sont toujours très difficiles à gérer, alors même que le refus de ce trajet est motivé par la préfecture par des raisons de sécurité, qu’elle n’a toutefois pas su étayer », nous avait ainsi décrit Karl Gazi. 

Il faudra, hélas, pour les manifestants compenser l’incurie d’une telle décision et faire contre mauvaise fortune bon coeur le long du Boulevard des Maréchaux.

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