Chroniques du coronavirus : rentrée des classes le 11 mai, une décision hors sol ?
L’annonce d’Emmanuel Macron d’ouvrir les écoles à partir du 11 mai inquiète les enseignants et leurs syndicats, faute de conditions sanitaires suffisantes.
Publié le 15 avril 2020
Emmanuel Macron a annoncé une réouverture progressive des écoles dès le 11 mai, lors de son allocution du 13 avril. Une décision qui inquiète le personnel de l’éducation nationale. En effet, rien ne prouve que les conditions sanitaires seront réunies pour garantir une reprise des cours en toute sécurité.
En annonçant une reprise des classes le 11 mai pour les élèves du primaire et du secondaire — les élèves du supérieur reprendront quant à eux le chemin de l’université en septembre —, le Président a suscité une vive inquiétude dans la communauté enseignante. En effet, les premières annonces semblent encore peu concrètes et très éloignées des capacités matérielles de l’État.
Suivez toutes les informations sur la crise sanitaire✉️ Abonnez-vous à la newsletter de la NVO
Nombre d’enseignants ont en effet conscience que le report de la rentrée à septembre creuserait encore les inégalités, il n’en demeure pas moins que la sécurité sanitaire doit être une priorité : « La rentrée doit être repoussée tant que les conditions sanitaires ne sont pas garanties. On ne veut pas être l’outil de relance de l’économie, au détriment de la santé de tous et toutes. Notre mission, c’est d’enseigner, pas de faire garderie. C’est de nouveau une négation de notre mission. Il y a en plus un chantage insupportable. On nous dit : “les élèves les plus fragiles vont être les plus pénalisés par un report de la rentrée”, alors que ce sont justement ces élèves qui étaient les premières victimes des dernières réformes. Et soudain, ils se préoccupent de ces gamins ! ».
Dossier
Le mouvement des lycéens, l’autre lutte des classes
Le mouvement est né d’une protestation locale, le cri du cœur d’une équipe pédagogique et d’élèves du lycée Saint-Exupéry de Créteil, harassés par le manque de moyens et la pénurie de professeurs. Il s’est ensuite étendu à la Seine-Saint-Denis puis à tout le pays. Focus sur un mouvement qui bouscule le jeu politique et l’actualité.
Dossier / 5 articles
Nos articles les plus lus
Articles recommandés pour vous