C’est un nouveau chapitre, judiciaire, qui s’ouvre dans la « saga » ACI Group. Un an après le placement en redressement judiciaire d’ACI Group, son ancien dirigeant Philippe Rivière a été mis en examen pour abus de biens sociaux, banqueroute et blanchiment et placé sous contrôle judiciaire « dans le cadre d’une information judiciaire de la juridiction interrégionale spécialisée de Lyon portant sur des infractions économiques et financières », a indiqué le parquet de Lyon à NVO.fr, confirmant une information de l’Informé.
L’histoire du groupe ACI a commencé en 2019, lorsque Philippe Rivière l’a co-créé en rachetant des entreprises industrielles à tour de bras. Jusqu’à 40 entreprises ont composé le groupe, piloté par une holding, dans divers domaines industriels. Mais le château de cartes ACI s’était rapidement effondré : les filiales du groupe (qui a employé jusqu’à 1300 salariés) sont successivement passées à la barre du tribunal ; au total, près de 500 salariés y ont perdu leur emploi.
Un collectif de 73 ex-salariés
À l’initiative de la CGT, un collectif d’anciens salariés d’ACI Group (repris ou licenciés) vient de se créer, et compte déjà 73 personnes. « Nous voulons avoir des réponses et demander réparation, indique Samy Tabti, délégué syndical CGT de Mecafor 42 (ex-Roche Meca Tech). Quasi simultanément à la création de ce collectif, nous avons appris la mise en examen de Philippe Rivière, ce qui nous a confortés dans notre démarche. »
Le collectif souhaite se porter partie civile dans la procédure pénale qui vise l’ex-dirigeant, pour avoir accès aux pièces du dossier. Il souhaite également lancer une procédure prud’homale, en s’inspirant d’une affaire jugée au tribunal de Chalon-sur-Saône. Dans celle-ci, les ex-salariés de l’entreprise liquidée Tunneling Equipment ont obtenu réparation auprès de leur ancien employeur, mis en défaut pour la gestion de l’entreprise.
Les anciens salariés, ainsi que la CGT, espèrent également obtenir des explications sur le rôle de l’État vis-à-vis d’ACI Group. « Pendant des années, Rivière était accueilli à bras ouverts à Bercy. Combien l’État a-t-il versé d’aides publiques aux filiales d’ACI ? Où est parti l’argent ? Nous voudrions tracer où sont allées ces aides et ce que cela a coûté au contribuable », ajoute Samy Tabti.
Fin 2025, le ministre de l’Économie, Roland Lescure, s’était engagé à rendre public un rapport sur ce qui s’était passé. Depuis, Sébastien Martin, le ministre de l’Industrie, sollicité par la CGT, a répondu que celui-ci était confidentiel. Le délégué syndical conclut : « L’État est bien embêté avec cette histoire. Cela nous interpelle et nous sommes persuadés que Rivière n’est pas le seul à avoir profité d’aides publiques pour s’enrichir, sans contreparties liées à l’emploi. »