Philippe Martinez : « La CGT a besoin d'être plus à l'écoute du monde du travail »
À cinq jours du 52e congrès de la CGT qui va démarrer le 12 mai 2019 à Dijon, le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez, a répondu aux questions des journalistes de l’Association des journalistes de l'information sociale.
Publié le 7 mai 2019
À cinq jours du 52e congrès de la CGT qui va démarrer le 12 mai 2019 à Dijon, le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez, a répondu aux questions des journalistes de l’Association des journalistes de l’information sociale (Ajis). L’occasion de revenir sur les enjeux du syndicalisme, les rapports avec le gouvernement.
Alors que les gilets jaunes questionnent la représentativité syndicale et politique, Philippe Martinez est interrogé sur l’utilité de la CGT et les enjeux du congrès.
« La CGT sert toujours à défendre les travailleurs et les travailleuses qui subissent les désordres du monde. Mais ceux qui subissent aujourd’hui ne sont plus les travailleurs de son périmètre historique. Le problème aujourd’hui, c’est que la CGT rayonne sur 42 % du monde du travail. Elle engrange chaque année de 35 000 à 40 000 nouvelles adhésions et pourtant, le nombre de ses syndiqués baisse à 653 000 actuellement. Trop de salariés passent ou restent à la porte. »
« Nos structures ne sont plus adaptées au monde du travail. La création de syndicat de site n’avance pas, par exemple. On a commencé à ébaucher une réflexion sur l’organisation des structures en région, on pourrait, par exemple, avoir des antennes mobiles qui se déplacent au contact des salariés. Rien ne nous empêche dans les statuts de syndiquer des travailleurs Uber. »
« La CGT a besoin d’être plus à l’écoute du monde du travail. Si on ne fait rien, je suis très inquiet pour mon organisation. Les gilets jaunes qui agrègent des femmes, des retraités, des salariés de petites entreprises, des précaires sont le reflet de nos déserts syndicaux. Reste que dans plusieurs départements, comme en Charente-Maritime, dans le Loiret, en Haute-Garonne, la CGT et les Gilets jaunes nouent des liens et échangent ».
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