Écouter le témoignage de Cindy, sage-femme
Sage-femme : une profession déconsidérée
Malgré une revalorisation salariale concédée par l’exécutif et l’ajout d’une sixième année de formation, les sages-femmes poursuivent leur mouvement avec l’appui de la CGT et de la CFTC. En crise, le secteur exige de meilleures conditions de travail et la reconnaissance du statut de praticien hospitalier.
Publié le 4 janvier 2022
Malgré une revalorisation salariale concédée par l’exécutif et l’ajout d’une sixième année de formation, les sages-femmes poursuivent leur mouvement avec l’appui de la CGT et de la CFTC. En crise, le secteur exige de meilleures conditions de travail et la reconnaissance du statut de praticien hospitalier.
Mobilisation Après avoir organisé une semaine noire entre les fêtes de fin d’année, les sages-femmes seront à nouveau mobilisées en même temps que les IADE (infirmiers anesthésistes) du 7 au 13 janvier. La fédération CGT de la santé et de l’action sociale a déposé un préavis de grève dans ce sens.
Après onze ans passés en salle de naissance dans le public, Cindy a fini par « jeter l’éponge » et quitter le milieu hospitalier. « On s’épuise, on dépasse nos gardes, avec toujours moins de personnels et un système où on oublie l’humain. Mais accompagner des femmes au travail, c’est aussi de l’écoute. Et ça, la tarification à l’activité ne le quantifie pas. J’ai deux filles, jamais je ne leur conseillerai ce métier… », regrette-elle. En novembre, la profession a organisé une série de « week-ends noirs » afin de dénoncer le déficit de reconnaissance d’un métier très féminisé et les problèmes d’effectifs. « On a du mal à recruter, on perd des collègues qui partent dans le libéral ou démissionnent, avec aussi beaucoup d’abandons d’études chez les étudiants, déplore Camille Dumortier, présidente de l’Organisation nationale syndicale des sages-femmes (ONSSF). Il y a une vision idéalisée du métier. Mais on réanime des enfants en mort apparente, on s’occupe des patientes en hémorragie… On gagne 30 000 euros par an pour cinq ans d’étude, avec 1 400 heures de plus que les dentistes. On est la profession médicale la moins bien payée… »
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