Hôpital psychiatrique Pinel : les grévistes s'enchaînent aux grilles de l'ARS
Mercredi 10 octobre à 6 h 30 du matin, une quinzaine de grévistes de l'hôpital psychiatrique Pinel (Amiens) se sont enchaînés aux grilles de l'Agence régionale de santé (ARS) pour faire entendre leurs revendications de moyens et d'effectifs supplémentaires.
Publié le 10 octobre 2018
Au troisième mois de leur grève, des membres du personnel de l’hôpital psychiatrique Philippe-Pinel de Dury (Somme) se sont enchaînés aux grilles de l’agence régionale de santé (ARS) à Amiens mercredi 10 octobre à 6 h 30 du matin.
Soutiens et visibilitéOn peut suivre le conflit de cet établissement sur le Facebook des grévistes et les soutenir financièrement grâce à une cagnotte en ligne.
« On demande des moyens juste suffisants pour travailler, on ne demande pas quelque chose de mirobolant », a souligné à l’AFP par téléphone Chrystèle Leclercq, déléguée CGT de l’hôpital psychiatrique Pinel. Selon elle, la table ronde entre l’intersyndicale (CGT, FO, SUD) et l’ARS fin septembre « n’a rien donné ». Une nouvelle réunion de négociation avec la direction de l’hôpital est prévue vendredi 12 octobre. Le personnel mobilisé de l’établissement, qui emploie 940 personnes, demande notamment la création de 60 postes de soignants dans les services d’hospitalisation, la réouverture de deux unités de soins et l’effacement de la dette, qui s’élève à 12 millions d’euros.
Mais l’ARS reste sourde et explique que « ce sont les pratiques de l’hôpital Pinel qui sont à l’origine, pour l’essentiel, d’un sentiment de manque de moyens ». L’ARS évoque des hospitalisations plus longues et plus nombreuses qu’ailleurs. Selon l’agence, l’hôpital dispose d’« un soignant pour 11 patients adultes en hospitalisation complète, contre 18 patients en moyenne régionale ». Un point de vue comptable et technocratique loin du vécu et de la souffrance au travail du personnel, qui dénonce une dégradation des conditions de travail et de la qualité des soins. Comme le résume une infirmière, « gérer les situations conflictuelles lorsque l’on manque de personnel devient impossible. Conséquences : plus d’injections, plus de placement en chambre d’isolement, une prise en charge qui se déshumanise ».
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