L'Assemblée vote la pénalisation des mobilisations étudiantes
Votée le 17 novembre à l’Assemblée Nationale, la Loi de Programmation de la Recherche, déjà décriée, comporte un article problématique : celui-ci stipule que les mobilisations étudiantes peuvent être passibles de trois ans de prison et 45000 euros d’amende.
Publié le 19 novembre 2020
Votée le 17 novembre à l’Assemblée Nationale, la Loi de Programmation de la Recherche, déjà décriée, comporte un article problématique : celui-ci stipule que les mobilisations étudiantes peuvent être passibles de trois ans de prison et 45000 euros d’amende.
Ce mardi 17 novembre, l’héritage étudiant de mai 1968 paraît avoir été balayé, symboliquement, d’un revers de main par le gouvernement à l’Assemblée Nationale. Ce jour, a été votée la Loi de Programmation de la Recherche (LPR). Déjà décriée par la communauté universitaire et une majorité d’organisations syndicales (Unef, Snesup-FSU, CGT, Sgen-CFDT, etc.), parce qu’elle ne tient pas ses engagements budgétaires et qu’elle précarise encore davantage les enseignants-chercheurs, la proposition s’est vu augmentée, le 9 novembre, de deux articles pour le moins dangereux et problématiques. D’autant plus contestables que ceux-ci n’ont pas été soumis au débat démocratique ni à la consultation universitaire. Le premier remet en cause le traditionnel recrutement des professeurs par le Conseil National des Universités. Le second porte sur la « judiciarisation des mobilisations étudiantes ». L’article stipule : « Le fait de pénétrer ou de se maintenir dans l’enceinte d’un établissement d’enseignement supérieur sans y être habilité en vertu de dispositions législatives ou réglementaires ou y avoir été autorisé par les autorités compétentes, dans le but de troubler la tranquillité ou le bon ordre de l’établissement, est passible de sanctions. » Lesdites sanctions peuvent s’élever à trois ans de prison et 45 000 euros d’amende… De quoi dissuader tout embryon de mobilisation.
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