Arrêts de travail non respectés, les conditions de travail 
en cause

Arrêts maladie en baisse, mais refus de les prendre en hausse. Entre mauvaise conditions de travail et pressions économiques et sociales, les salariés perdent leur santé à ne pas en prendre soin.

Par Rédaction NVO
Par Rédaction NVO
Publié le 24 janvier 2019
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Les arrêts maladie ne sont pas en augmentation, contrairement aux idées reçues. Et le nombre d’arrêts non respectés, lui, augmente, entrainant rechute, et prolongation de la maladie.
Une étude de Malakoff Médéric, publiée le 28 novembre 2018, bat en brèche les abus présupposés : elle montre que, hormis les arrêts longs dont la moyenne augmente fortement, et qui ont une « dimension professionnelle plus importante » (16 % sont liés à un contexte exclusivement professionnel contre 3 % pour les arrêts de 1 à 3 jours), « la prévalence, la fréquence et la durée des arrêts maladie sont stables ». En outre, l’étude révèle qu’en 2018 près d’un arrêt sur quatre (23 %) n’a pas été respecté par le salarié, soit 4 points de plus qu’en 2016 : 8 % des arrêts n’ont pas été pris en totalité et 15 % ne l’ont pas été du tout. Une tendance qui est plus forte chez les cadres (22 %) et les dirigeants (48 %) que chez les ouvriers (11 %). Mais près de la moitié de ces jusqu’au-boutistes (49 %) disent le regretter, soit 10 points de plus qu’en 2016. Ils estiment que ce refus a eu un impact sur leur productivité (45 %), la qualité de leur travail (38 %), mais aussi sur leur santé (29 %) avec un allongement de la durée de la maladie (24 %) ou une rechute (22 %). « Je les vois les cadres […] qui ne déconnectent pas et qui, un jour, épuisés, fondent en larmes devant la porte de leur entreprise, en burn-out, confiait début 2018 Jean-Paul Hamon, président de la Fédération des médecins de France, aux Échos. Sans compter ceux qui passent trois heures par jour dans les transports. » Pour lui, la raison de la hausse des indemnités journalières est à chercher du côté des conditions de travail dégradées, pas des médecins complaisants ou des salariés qui abuseraient. La CGT des cadres et techniciens fait le même constat depuis dix ans et déplore que le droit à la déconnexion, gagné de haute lutte, n’ait fait l’objet d’accord d’entreprise que là où les syndicats sont forts (Orange, La Poste). Autre diagnostic de la part du Medef, qui a les médecins et les salariés malades dans le collimateur. Il réclame que les uns et les autres soient mieux contrôlés et que soient ciblés les prescripteurs d’arrêts de travail à répétition. Et tant pis si c’est parce que leur patientèle est, par exemple, plus âgée que la moyenne. C.M.

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