C’est un mouvement populaire qu’aucun observateur n’avait tout à fait prévu. La mobilisation des lycéens ne cesse de s’étendre dans le pays. Des centaines d’établissements sont en effet bloqués, et l’événement fait tache d’huile : ainsi, on comptait dans la matinée de ce jeudi 1er octobre 26 universités en carafe selon BFMTV. Les jeunes protestent contre les conditions détestables qui leur sont faites pour étudier, entre pénurie d’enseignants, de personnels, et vétusté des locaux.
Les tensions sont en revanche fortes autour du mouvement. Des flammes ont été signalées dans au moins cinq lycées (au Havre, Marseille, Bordeaux et dans deux enceintes scolaires nantaises), et on déplore trois proviseurs blessés. La police a procédé à plus de 600 interpellations à ce stade.
Sur Franceinfo, Sophie Binet a signifié la solidarité de la CGT aux lycéens et étudiants engagés : « J’adresse tout le soutien de la CGT aux lycéens mobilisés ainsi qu’au personnel éducatif en première ligne, mis en difficulté par les directives irresponsables du gouvernement. » La secrétaire générale de la Confédération a rappelé la validité des mots d’ordre des rassemblements : « Ça fait des mois, des années que nous tirons la sonnette d’alarme, que les lycéens le font, au sujet des conditions de travail qui ne cessent de se dégrader. Et leurs revendications sont légitimes : avoir assez de tables, assez de chaises, un toit sur la tête, des enseignants en face d’eux, des infirmières, des assistantes sociales, des CPE. »
« Laisser les lycéens se réunir dans les lycées »
« Les violences desservent les mobilisations », a-t-elle toutefois rétorqué à la journaliste de la chaîne, poursuivant : « Mais je dénonce d’abord la stratégie du gouvernement qui a conduit à ces violences. Ce qu’il se passe est très grave et très dangereux. On ne gère pas une mobilisation lycéenne depuis le ministère de l’Intérieur, c’est complètement irresponsable. »
Mais alors, comment faire redescendre la température, tout en améliorant les conditions dans les écoles ? Sophie Binet a esquissé quelques pistes : « Il faut laisser les lycéens se réunir dans les lycées. Ils doivent pouvoir le faire librement. Il faut ouvrir le dialogue, les recevoir au ministère de l’Éducation nationale, répondre aux revendications, au lien d’envoyer les policiers. »
Pour le moment, cependant, le gouvernement semble privilégier une tout autre option : se claquemurer. Après que le Premier ministre Sébastien Lecornu a convoqué une cellule interministérielle dédiée à la crise, consigne a été passée aux ministres d’annuler leurs déplacements d’ici au lundi 5 octobre.