Procès Air France : triple peine pour quatre ex-salariés
La cour d’appel condamne quatre prévenus dans l’affaire dite des « chemises arrachées » à Air France. Une décision politique.
Publié le 25 mai 2018
Quatre des douze prévenus dans l’affaire dite « des chemises arrachées » à Air France ont été condamnés à une peine de 4 mois de prison avec sursis, assortie d’une amende de 500 euros par personne. Tel est le verdict de la cour d’appel de Paris, le 2 mai dernier. La CGT Air France dénonce « une décision politique ».
Ni preuves formelles de leur culpabilité ni éléments probants, la cour d’appel de Paris a reconnu coupables d’avoir arraché la chemise de cadres, à l’occasion d’un mouvement social intersyndical pour l’emploi le 5 octobre 2015, les prévenus. Tous quatre étaient alors syndiqués à la CGT à l’époque des faits de cette émeute collective.
Ce jugement, est « fondé sur l’intime conviction et non sur la recherche de la vérité », a regretté maître Lilia Mhissen qui défendait les ex-salariés d’Air France. Il va pénaliser des personnes qui, avant même d’être jugées coupables, avaient déjà tout perdu : leur emploi à Air France, leur perspective de carrière, leur réputation, leur possibilité de réembauche dans d’autres entreprises. Condamnés à la précarité de l’intérim depuis le procès en première instance de Bobigny en novembre 2016, les voici estampillés « parias de la société » par la cour d’appel de Paris qui, en formulant ce « jugement de classe », selon Karine Monségu (secrétaire de la CGT Air France) jette le trouble sur la nécessaire impartialité attendue de cette institution judiciaire.
Dossier
Quand la musique bosse
Heavy Metal, krautrock, rap… Avant d’animer nos ondes et nos platines, de nombreuses chansons ont jailli des usines ou des quartiers ouvriers. Dans cette série d’été, NVO.fr raconte comment le monde du travail a révolutionné l’histoire de la musique.
Dossier / 5 articles
Nos articles les plus lus
Articles recommandés pour vous