« Tour de chauffe » : à Paris, une journée de mobilisation pour la santé... et la promesse d'un combat dans la durée

Alors que le budget de la Sécurité sociale pour 2027 doit être débattu à l’automne, plusieurs centaines de manifestants se sont mobilisés ce mardi 15 septembre à Paris pour défendre l’hôpital public et réclamer davantage de moyens. Une mobilisation qui rassemble au-delà du secteur de la santé et qui pourrait se poursuivre dès le 29 septembre.

Par Emil Dromery
Par Emil Dromery
Publié le 15 septembre 2026, modifié le 8 octobre 2026
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Crédit photo : Emil Dromery

Ce mardi 15 septembre se tenait à Paris dans le 13e arrondissement, une manifestation à l’appel de la CGT Santé et Action Sociale. Après s’être rassemblés Place d’Italie, les militants ont pris la route en direction de l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière. Une journée de grève pour revendiquer plus de moyens en faveur de l’hôpital public et la Sécurité sociale, la mise en place d’un grand service public de santé et d’action sociale, ainsi que pour la revalorisation des conditions de tous les corps de métiers entourant le système médical en France. Plusieurs centaines de personnes étaient présentes.

Des revendications et un budget

Au premier rang des demandes exprimées par les syndicalistes de la CGT Santé et Action sociale, du très concret : des créations d’emplois, une hausse des salaires et l’arrêt des fermetures de lits et de services. En d’autres termes, un financement de la santé à la hauteur des besoins de la population et l’opposition a dévoiement du médico-social, bref un accès aux soins pour tous, indépendamment des revenus.

Cette mobilisation intervient alors que le budget de la Sécurité sociale pour 2027 doit être débattu à l’automne par les députés français. Pour les syndicats, l’enjeu est donc de peser sur les arbitrages à venir et d’éviter de nouvelles coupes qui ne pourraient qu’aggraver les difficultés des établissements de santé.

Ce mouvement s’inscrit aussi dans une lutte plus globale regroupant dans un même élan plusieurs branches de la CGT. On a ainsi pu croiser des militants de la Fédération Nationale des Industries Chimiques. Serge Allègre, secrétaire général de la FNIC-CGT, nous explique les raisons de cette présence : « Les messages principaux qu’on porte, c’est une sortie de la marchandisation de la santé. On porte un pôle public de la santé et des services de santé dans notre syndicat pour sortir de cette financiarisation. »

Comme un air de fin de lutte de l’été

Le rassemblement a aussi été marqué par la présence de représentants du Samusocial de Paris. L’écho d’une lutte déjà longue. Pour rappel, pendant 57 jours cet été, avec le soutien de la CGT et de l’organisation militante Utopia 56, les salariés du Samusocial de Paris, qui accompagnent les personnes sans-abri, se sont mis en grève et ont occupé leur lieu de travail pour réclamer de meilleures conditions de travail et une plus grande reconnaissance de la part des institutions.

Une lutte qui a payé – avec l’obtention d’une prime de suractivité de 150€ par an, la garantie de 45 minutes par jour sans appels pour permettre aux écoutants d’échanger entre eux, et la possible augmentation de la prime multilingue de 30 à 125€ par mois (sous réserve du conseil d’administration) – et qui résonne encore aujourd’hui dans le cortège. Car pas question de désarmer : pour Jesus, représentant syndical Sud du Samusocial, apporter son soutien à cette lutte nouvelle était en effet essentiel après l’épisode vécu cet été : « Même si Sud était assez discret sur la lutte pendant l’été, c’était important pour nous d’être là aujourd’hui, de montrer notre soutien et que cette lutte nous a touché. » Un sentiment partagé par Elena Sauterey, syndiquée à la CGT de l’organisme, qui se projette de surcroît sur les mobilisations à venir : « On est là dans la continuité, ce 15 septembre c’est un tour de chauffe, on est sous le coup de nombreuses coupes budgétaires ». En ligne de mire, la mobilisation nationale du 29 septembre pour les salaires et la défense du service public.

« Continuer »

On pouvait d’ailleurs déjà sentir dans l’air une sensation de début de combat. Pour la FNIC-CGT aussi, le rassemblement du 15 septembre constituait surtout une étape. Avec l’envie de décloisonner, Serge Allègre insistant ainsi sur la nécessité de dépasser les frontières entre les différents secteurs professionnels : « Pas d’industrie sans service public, pas de service public sans industrie. »

Dans le cortège, on voit loin. Et 2027 ne démentira pas le chaud climat social de ce mois de septembre. Car si Elena Sauterey rappelle qu’ « on a pas attendu la montée de l’extrême droite pour que nos conditions de travail se dégradent », elle prend rendez-vous : « On va continuer à organiser des luttes et des grèves. »

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